Les photographes professionnels se mettent aux drones

Les drones, appareils permettant des prises de vues aériennes sont devenus, en quelques années, très maniables et performants. De plus en plus de photographes professionnels, par curiosité ou par obligation, les utilisent. 

Pour la réalisation d’un reportage sur les bocages, Christophe Salin, photographe naturaliste, s’est essayé à la prise de vue aérienne avec une caméra GoPro fixée à un drone. Assez légère, elle n’excédait pas le poids limite de l’immatriculation, obligatoire au dessus de 800 grammes. «La qualité de l’image est, certes, moins haute qu’avec un reflex mais son utilisation a été très efficace : moi qui suis habitué à prendre des clichés au ras du sol, devant les haies ou les prairies, j’ai pu enfin avoir une vision globale de la structure du paysage.» Le photographe reconnait cependant que «le drone n’est pas révolutionnaire, car on a déjà pu arriver au même résultat avec la montgolfière ou le planeur, mais il est très pratique».

Ces dernières années, les images prises à l’aide d’un drone se sont multipliées sur les profils Instagram des photographes professionnels. À l’image du compte de Jean-Bernard Qorz, suivi par 593 000 personnes sur le réseau social.

400 000 drones professionnels d’ici à 2050

En 2017, près de 6 100 drones ont été homologués par la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), rattachée au ministère de la Transition écologique et solidaire. Les professionnels ont donc déclaré leur activité de photographie et de cinématographie aérienne auprès de cet organisme. Ils sont ainsi assurés et qualifiés pour les différents types de scénarios de vols.

Cependant, difficile de savoir si tous les photographes ou vidéastes professionnels se sont déclarés comme tels à la DGAC. Ils pourraient aussi faire partie des acheteurs des 416 000 drones de loisirs vendus en 2016, selon les chiffres de GfK, l’institut d’études de marché allemand. Mais théoriquement, seul un professionnel peut réaliser ou utiliser des photos aériennes à but commercial.

Une étude européenne sur les drones (l’European Drones Outlook Study), estime que 400 000 drones professionnels devraient être vendus d’ici à 2050 en Europe, pour 7 millions de drones de loisir.

Des drones plus maniables

David, 30 ans, directeur de la photographie pour la publicité, utilise le drone depuis cinq ans dans son métier. Devant les présentoirs des stands spécialisés au Salon de la Photo à Paris (du 8 au 12 novembre 2018) – où sont présentés tous les appareils dernier cri des grands industriels de la caméra aérienne – il s’étonne des progrès techniques réalisés. «Avant, les drones étaient très imposants et difficilement manipulables, constate-il. Aujourd’hui, ils sont bien plus compacts.» Plus besoin non plus de les construire à partir de pièces détachées collectées à droite à gauche. Désormais ils sont vendus tout assemblé.

Les leaders du secteur l’ont bien compris et rivalisent d’ingéniosité. Le Français et plus grand fournisseur européen Parrot, qui commercialise des appareils de prise de vue aérienne depuis 1994, mise tout sur son best-seller : l’Anafi Work 4K, ultra-haute définition. Plié, il ne fait pas plus de 320 grammes et 24 centimètres.

«La meilleure caméra est celle qu’on peut garder sous la main en toutes circonstances», confirme Pascal Perrin, responsable marketing produit. Mais les exigences ne s’arrêtent pas là : la marque a même réussi à le rendre silencieux et a développé le premier casque de vue immersive pour remplacer la traditionnelle télécommande.

Yann Arthus-Bertrand conquis

Des évolutions techniques qui ont su conquérir les photographes les plus célèbres. À l’image de Yann Arthus-Bertrand, l’écologiste connu pour ses clichés de paysages en vue aérienne. Depuis un an, il abandonne progressivement l’hélicoptère pour les drones, plus écologiques.

Il est même devenu l’un des ambassadeurs du numéro un mondial du secteur, l’entreprise chinoise DJI, en compagnie du photographe chilien Claudio Miranda et du Britannique Rodney Charters. Pour autant, le reporter reconnaît qu’il s’intéresse davantage aux nouveaux angles de vue qu’au pilotage de l’engin volant. Au point de recourir à un assistant pour le manoeuvrer.

Répondre à la demande des clients

Les photographes professionnels sont aussi poussés à se mettre au drone par leurs clients. Au Salon de la Photo, de nombreux novices se pressent au stand DJI

Lucie, vidéaste de 30 ans, commence à se renseigner sur les modèles.«Je cherche à me mettre au drone pour mon métier. J’ai une forte demande de la part de mes clients. Pour les mariages surtout.»

L’immobilier et l’agriculture, adeptes des drones

Pascal Perrin, responsable marketing produit chez Parrot, leader européen sur le marché du drone note : «Les agences de production de vidéo ont été les précurseurs dans l’utilisation des drones. Mais d’autres professionnels s’y sont mis : les architectes pour la modélisation de bâtiments, les couvreurs, les professionnels de l’immobilier, les industriels pour l’inspection, les pompiers, la sûreté. Et également les agriculteurs. Ils utilisent les capteurs et les outils spectraux des drones pour cartographier leurs plantations afin d’obtenir les niveaux de santé des plantes.»

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Romane Lizée et Céline Brégand

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