A Cancale, « on espère que les gens vont manger des huîtres à Noël ! »

Les huîtres de Cancale sont inscrites au "patrimoine culturel immatériel" de l'Unesco depuis 2019. Photo : Victor Boiteau

Pour les ostréiculteurs cancalais (Ille-et-Vilaine), la période des fêtes est souvent très importante. Après un mois de novembre « catastrophique », ils espèrent voir du monde ce week-end, pour sauver leur année.

D’ordinaire ici, même les jours de gros temps, d’averses qui n’en finissent plus et de ciel plombé de gris, quelques silhouettes marchent sur le front de mer, cachées sous des cirés. Ce matin de décembre, malgré un grand ciel bleu, la petite ville de Cancale est bien triste. « On a rarement vu ça », soupire le patron d’un café, fermé comme tous les autres.

« C’est très, très calme, glisse Coralie, seule ostréicultrice présente ce matin-là sur le marché aux huîtres. Je suis là depuis une quinzaine d’années, je n’ai jamais vu Cancale comme ça. Normalement à cette époque de l’année, tous les producteurs sont là, et il y a du monde partout. »

« Cancale, c’est le bout du monde »

Les rares clients emmitouflés dans leurs habits d’hiver demandent une douzaine d’huîtres, à déguster sur place. « C’est déjà ça », souffle Coralie. Mais loin des commandes habituelles. D’habitude, en cette période de fin d’année, nombreux sont les habitués à venir commander parfois plusieurs bourriches, pour Noël et le Nouvel an.

« Cancale, c’est le bout du monde. Les gens ne passent pas, ils viennent, explique Katell Gleron, ostréicultrice depuis une trentaine d’années. Et notamment pour manger des huîtres. Mais avec les restaurants fermés, il n’y a plus personne ». A Cancale, ils sont 80 producteurs à se répartir environ 500 hectares de parcs, dans la Baie du Mont-Saint-Michel.

Le confinement, un « deuxième coup de bambou »

« On ne vend quasiment plus rien, mais nos charges de structures et d’élevage sont les mêmes », concède Stéphan Alleaume. L’ostréiculteur est le cogérant des parcs Saint Kerber, une entreprise familiale installée en contre-bas de la route Panoramique, qui descend vers le port. « Le confinement d’octobre, ça a été un deuxième coup de bambou, raconte le breton. On vend à 90% à l’export. Mais tous les marchés ont été fermés. »

Sur le marché aux huîtres, nombreux sont les producteurs à ne pas s’installer durant cette période compliquée.

Énième coup dur pour une filière déjà touchée en janvier par un virus. Alors à dix jours de Noël, tous l’espère : que les gens viennent de nouveau avaler une douzaine d’huîtres, face à la mer, en attendant des jours meilleurs.

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