À Paris, des centaines de manifestants protestent contre la fermeture prolongée des lieux culturels

Les manifestants se sont réunis à Paris pour affirmer le caractère essentiel de la culture.

Les acteurs de la culture se sont réunis ce mardi place de la Bastille pour dénoncer la non réouverture des théâtres, cinémas et autres lieux culturels.

« La culture, nourriture essentielle », « no culture, no future »« , « le 7e art, 5e roue du carrosse » : tels étaient les slogans lisibles sur les pancartes des manifestants. Musiciens, directeurs de théâtre, intermittents et autres acteurs de la culture se sont réunis ce mardi 15 décembre place de la Bastille à Paris pour dénoncer la fermeture prolongée des lieux culturels en raison de l’épidémie de Covid-19. Des centaines de manifestants ont répondu à l’appel de la CGT Spectacle pour affirmer le caractère essentiel de la culture. Ils critiquent vivement la « politique du yoyo du gouvernement ».

« Nous sommes furieux de la non réouverture des salles et de la manière dont cette annonce a été faite par le gouvernement », tonne Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle. « C’est un scandale : une fermeture ou une réouverture, cela se prépare et nous n’avons même pas été consultés. » Le 10 décembre, le Premier Ministre Jean Castex avait annoncé que les salles de spectacle, cinémas, théâtres et musées resteraient fermés. Ils devaient pourtant rouvrir ce 15 décembre pour permettre aux professionnels de la culture de travailler pendant la période des fêtes. Les lieux culturels ne pourront pas accueillir de public avant le 7 janvier au plus tôt, date à laquelle le gouvernement examinera leur possible réouverture.

Un traitement jugé inéquitable

En attendant, les acteurs de la culture souffrent sur le plan économique. Veste rouge brodée d’or et bonnet de Noël sur la tête, Benoît Piel est arrivé dès midi place de la Bastille. « Nous n’avons rien pu faire cet été, et nous ne pouvons pas plus travailler pendant la période de Noël, raconte l’artiste de rue. Cela va commencer a être dur financièrement pour les petits artistes. » Le secteur du spectacle vivant a perdu 72% de son chiffre d’affaire cette année selon les chiffres du Ministère de la Culture.

Ces professionnels ne comprennent pas pourquoi les lieux de culte peuvent ouvrir leurs portes, mais pas les théâtres ou les cinemas. « Nous ne sommes pas traités de façon équitable, regrette Denis Gravouil. Considérer la culture comme non essentielle relève de l’aberration pour le syndicaliste : « Notre activité n’est peut-être pas directement vitale mais nous remplissions une mission tout aussi essentielle en termes de lien social ». Un message porté par les manifestants à Paris mais aussi partout sur le territoire : des rassemblements ont eu lieu à Bordeaux, Bastia ou encore à Lyon.

Crédit photo : William Gazeau

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