A Paris, manifestation du monde de la culture contre l’arrêt prolongé de ses activités

Le monde de la culture manifestait à Paris, ce mardi.

Les acteurs du monde de la culture étaient dans la rue, ce mardi, pour s’opposer à la fermeture prolongée des lieux culturels. A Paris, place de la Bastille, ils étaient plusieurs milliers à alerter sur leur situation et critiquer le gouvernement.

Les professionnels du monde de la culture se sont rassemblés à Paris, ce mardi midi, place de la Bastille, pour protester contre la prolongation de l’arrêt de leurs activités. Divers syndicats, dont la CGT Spectacle, étaient à l’initiative de cette journée de mobilisation qui répondait à l’annonce du gouvernement de repousser au 7 janvier, au mieux, la réouverture des lieux de culture, d’abord envisagée le 15 décembre.

La mobilisation, qui a pris place dans plusieurs villes, a réuni à Paris plusieurs milliers de personnes, issues des divers secteurs de la culture. De nombreuses pancartes aux formules caustiques s’offusquaient de ce que le gouvernement qualifie leur secteur de « non-essentiel » : « Macron, Castex, Bachelot sont non-essentiels« , « Nous aussi, on est acteurs de l’économie« , « Septième art, cinquième roue du carrosse« , pouvait-on notamment y lire.

Prêts à rouvrir dès le 15 décembre

Emilie Renard, qui crée du théâtre de marionnettes, était convaincue qu’elle pourrait reprendre dès le 15 décembre, comme initialement annoncé par le gouvernement : « J’avais pris toutes les mesures sanitaires nécessaires, je prenais même le numéro de téléphone des spectateurs à chaque séance au cas où il y aurait un cluster. Je pensais vraiment que c’était possible« , regrette-t-elle.

Surtout, le sentiment d’une politique du deux poids, deux mesures revenait ce mardi dans toutes les conversations. »C’est complètement aberrant. Quand on voit le nombre de personnes dans les centres commerciaux, les églises qui ont rouvert, je ne vois pas pourquoi on serait discriminés« , observe Christophe Rouzaud, metteur en scène. « Ce qui est insupportable, c’est aussi ce « stop and go ». On nous arrête alors qu’on devait reprendre… La confiance est rompue, on ne sait même pas quand on va rouvrir. »

« On ne vit pas pour être dans cette situation »

Si les aides de l’Etat semblent pour l’heure relativement préserver les professionnels, les perspectives à moyen terme sont très incertaines. Notamment pour les intermittents qui, s’ils ont obtenu une année blanche, pourraient vite faire les frais de cet arrêt prolongé de leurs activités. « Personne ne s’arrête au minimum légal de 507 heures par an, qui nous offre très peu d’indemnités. J’en fais habituellement 900, mais cette fois, je n’y serai pas« , s’inquiète Franck Guérin, intermittent. « Avec ça, on peut acheter à manger et payer notre loyer. Mais sans visibilité au-delà de deux ou trois mois, personne ne va prendre d’initiative.« 

« On ne vit pas pour être dans cette situation, je ne peux pas imaginer ne pas reprendre« , explique Emilie Renard. « Quand on n’a pas de perspective, même répéter, ça n’a pas grand intérêt. C’est un art vivant. » Entre perte de sens, incertitudes financières et sentiment d’un manque de considération, les griefs ne manquaient donc pas pour les professionnels de la culture. Reste l’espoir, certes un peu lointain, d’un retour progressif à la normale à partir de l’été 2021.

Crédit photo : Emmanuel Davila.

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