Climat : la convention citoyenne intransigeante sur la reprise de ses 149 mesures

Paul réagit à une réponse du Président de la République. "Êtes-vous climato-cynique (...) ou climato-sceptique", lui demande-t-il. Image : Conseil Economique social et environnemental

Pendant quatre heures, Emmanuel Macron a répondu aux questions précises et fouillées des membres de la convention citoyenne pour le climat, lundi 14 décembre. Ils s’inquiètent de voir leurs propositions « amoindries », voire ignorées, dans le projet de loi finances et l’avant-projet de loi « climat ».

Un air de « grand débat national » flotte dans le palais d’Iéna. Le Président de la République échange pour la deuxième fois avec les citoyens tirés au sort pour participer à la convention citoyenne. Le 26 juin dernier, ils publiaient leurs 149 propositions pour atteindre les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Dans la salle du Cese (Conseil économique social et environnemental), le Président répond d’emblée aux critiques et promet à nouveau que 146 des 149 propositions de la convention seront reprises « sans filtre ». À ce jour, les projets de loi finances et « climat » ne retiennent qu’une partie de ces mesures. Exit, par exemple, l’obligation de rénovation des passoires thermiques et la hausse de l’écotaxe sur les billets d’avion. Emmanuel Macron s’est aussi réservé trois jokers : la taxe à 4% sur les dividendes, les 110km/h sur l’autoroute et la modification du préambule de la Constitution.

La 5G, « quatrième joker »

Le moratoire sur la 5G, dont le réseau est en cours de déploiement en France, a lui aussi été écarté. Sous son masque fleuri, Agnès, interpelle le Président : « Si l’évaluation (environnementale) est en cours, pourquoi ne pas attendre les résultats et prendre une décision sensée? Le rejet du moratoire sur la 5G ne serait-il pas votre quatrième joker ? », poursuit-elle.

« Le moratoire sur la 5G, on l’a déjà puisqu’on est un des derniers pays à le déployer », se défend Emmanuel Macron. De son côté, Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, ne veut pas réduire la pollution numérique à cette question. « Videz vos boîtes-mail, ce sera déjà très bien. », balaye-t-elle.

Entrecoupées des réponses du Président, les interventions des citoyens se succèdent. Dans l’ensemble, ils reprochent au gouvernement d’ignorer leurs propositions ou de les détricoter. Comme Paul qui énumère les manques de la politique écologique, puis interpelle, amer, Emmanuel Macron : : « Monsieur le président, (…) êtes vous climato-cynique, au point de décider de ne pas atteindre ces objectifs en 2030, ou climato-sceptique? »

Vers la fin de la discussion, le Président finit par obtenir quelques applaudissements, en révélant une décision des plus médiatiques : l’organisation d’un référendum sur l’introduction de la préservation de l’environnement dans la Constitution.

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