Défilé Saint Laurent en digital : la presse mode au ralenti

Le défilé Saint Laurent printemps-été 2021 a eu lieu à Marrakech, et a été diffusé en direct.

Covid-19 oblige, le défilé Saint Laurent collection printemps-été 2021 n’a eu lieu qu’en version digitale. Pas d’invités, pas de presse, pas de public : simplement une vidéo diffusée à partir de 14 heures sur les réseaux sociaux de la maison. Un nouveau mode de fonctionnement qui permet à tous d’assister au show, mais qui complique le travail de la presse.

Une silhouette vêtue de noir s’échappe d’une dune de sable. Contraste entre tenue chic, vaporeuse, sombre que l’on se voit porter le soir et le soleil plombant du Maroc, au milieu d’une immensité désertique. Les mannequins défilent sur la ligne de crête. Leurs talons aiguilles s’enfoncent dans le sol. Un vent léger remue leurs cheveux. On sentirait presque la douceur de l’hiver à Marrakech, et les grains de sables sous nos pieds. Presque. 

Car en réalité, on est (nous sommes) à Paris, assis dans un canapé, à regarder la vidéo sur un ordinateur. Ni la presse, ni les clients n’ont pu admirer les créations d’Anthony Vaccarello (un lien vers sa fiche, une bio ou ses reseaux sociaux ?), le directeur artistique, de leurs propres yeux, assis autour d’un podium et dans ce décor unique. La présentation a eu lieu à distance, retransmise en direct sur YouTube. 

Après Chanel, (le lien doit pointer vers un nouvel onglet, c’est indispensable) Dior et Balenciaga, Saint Laurent aussi inaugure cette nouvelle ère de la mode digitale. Une configuration qui bouleverse le travail de la presse spécialisée, habituée à tout documenter en temps réel. 

Défilé Saint Laurent SS2021 diffusé ce mardi 15 décembre

Moins d’informations instantanées

Plus de stories en direct des défilés, qu’elles soient diffusées par les journalistes ou les influenceurs. Plus d’interview sauvages de la journaliste freelance Peggy Frey, qui attrape les invités à la volée pour parler de leur tenue, smartphone à la main, ni de Loïc Prigent, qui zigzague et court après tout le monde pour ses interviews. 

Près de deux heures après le défilé, rien n’a été posté sur les sites internet des magazines féminins ni sur leurs réseaux sociaux. Les aficionados ont suivi le défilé en direct, prenant tant bien que mal quelques photos de leur écran d’ordinateur pour les poster sur Instagram, mais l’ampleur des défilés des fashion weeks n’y est pas. C’est un véritable bouleversement dans le traitement médiatique des défilés de mode. Car les maisons comptent aussi sur la présence du public et de la presse pour faire parler d’elles.  

Crédit photo : MA Lerallut

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