Fermeture des lieux culturels : le spectacle vivant manifeste contre une « injustice »

Place de la Bastille à Paris, des milliers de personnes demandent la réouverture des salles de spectacles et des cinémas. Crédit : Hugo Robert

Partout en France, le monde de la culture s’est retrouvé dans les rues pour protester contre le prolongement de la fermeture des lieux culturels qui devaient rouvrir ce mardi. Place de la Bastille à Paris, des milliers de manifestants se sont réunis pour dénoncer une « injustice ».

Aujourd’hui, ils devaient être sur les planches à jouer la pièce qu’ils répètent depuis des semaines, à présenter une nouvelle chorégraphie ou encore un nouveau concert. Comédiens, musiciens, danseurs, marionnettistes ou encore acrobates n’ont finalement pas retrouvé leur public et ont battu le pavé ce mardi 15 décembre. A l’appel de la fédération CGT spectacle, les acteurs du spectacle vivant ont manifesté en nombre contre la décision du gouvernement du 10 décembre dernier de repousser la réouverture des lieux culturels de trois semaines supplémentaires, au mieux. Professionnels de la distribution de films, de la médiation culturelle, techniciens, intermittents ou comédiens occasionnels, tous étaient présents aujourd’hui.

Alors que la France se déconfine pour vivre sous un couvre-feu généralisé, les centres commerciaux et les boutiques sont bondés à l’approche des fêtes. Une situation qui provoque l’amertume et l’incompréhension des acteurs de la culture qui ont estiment avoir fait les efforts nécessaires pour garantir le respect des gestes barrières. Entre samedi et dimanche, plus de 11 000 nouvelles contaminations au covid-19 ont été enregistrées.

Les marionnettes de l’association « Les grandes personnes » ont fait une entrée remarquée lors du rassemblement

« Nous avons fait tout ce qu’il fallait, on s’est préparé à accueillir le public depuis des semaines dans de bonnes conditions, faisons-nous confiance ! »

Nolwenn, manifestante qui travaille au théâtre de Montreuil

La peur de « disparaître »

Cataloguée « activité non-essentielle » par le président de la République, ils craignent désormais pour leur survie. Le ministère de la Culture se targue d’avoir pu débloquer plus de cinq milliards d’euros pour le monde de culture, à travers un fonds de solidarité, du chômage partiel, des prêts garanties ou encore des exonérations de charges. Malgré les aides publiques et le prolongement de l’assurance chômage, la CGT dénonce «  un appauvrissement généralisé » des artistes et intermittents du spectacles et une « destruction du volume d’activité et d’emploi sans précédent ». Le syndicat demande davantage de soutiens, notamment pour les résidences de création et les répétitions, pour les enseignements artistiques ou encore pour prolonger l’année blanche pour l’assurance chômage des intermittents du spectacle, ai delà du 30 août. Après une réunion ce matin avec la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, le secrétaire général de la CGT spectacle assure avoir la garantie d’être reçu au début du mois de janvier pour envisager une prolongation du dispositif.

Cette mobilisation intervient au même moment où des syndicats et des artistes déposent un recours en référé-liberté devant le Conseil d’État pour faire annuler la fermeture des lieux culturels. Plusieurs centaines de directeurs de salles de spectacles et de compagnie de théâtre ont d’ores et déjà relayé cet appel, alors que des tribunes et lettres ouvertes se multiplient dans la presse.

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