Les extras craignent de disparaître

Les extras se sont joints aux cuisiniers, brasseurs et hôteliers pour demander la réouverture des établissements de bouche.

Les professionnels de la restauration se rassemblaient lundi 14 décembre à Paris pour demander la réouverture de leurs établissements, fermés depuis le mois d’octobre en raison de la pandémie de Covid-19. Les extras, travailleurs par intermittence, sont sans salaire depuis le 5 mars.

« Nous sommes venus faire bloc ! » Lundi 14 novembre, les extras de la restauration événementielle ont convergé devant le ministère du Travail. A deux pas de l’esplanade des Invalides, où se tient la manifestation des hôteliers et restaurateurs, les extras, qu’ils soient cuisiniers, maîtres d’hôtel ou encore traiteurs, demandent eux aussi au gouvernement la reprise de leurs activités malgré la pandémie de Covid-19. S’ils se sont regroupés, c’est pour souligner la spécificité de leur situation, encore plus critique.

« Nous sommes fermés depuis le 15 mars. Et nous, intermittents, n’avons reçu aucune aide, s’insurge Dominique, traiteur. Si le gouvernement ne veut pas nous laisser travailler, qu’il nous gratifie au moins d’une « année blanche », comme pour nos camarades de la culture! »

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Dans les rangs des professionnels de l’évènementiel, l’avenir paraît sombre. « Le manque de visibilité est une angoisse quotidienne. Qui sait quand on retrouvera du boulot ? », soupire un maître d’hôtel qui travaille comme extra. Quelques-uns devisent entre eux sur l’état actuel de l’épidémie. « On restera encore fermés longtemps! Après Noël il y aura plus de malades et peut-être même un nouveau confinement », prédit l’un d’eux. Et son homologue de répondre, pessimiste : « Je ne pense pas qu’on travaillera avant l’été prochain. »

Les extras, dont les maîtres d’hôtel, se sont mobilisés pour se faire entendre. Crédit: Matthieu Lasserre

« On ne donne même pas les minima sociaux »

Pour tenter d’apaiser la colère de cette branche d’activité, le gouvernement a annoncé le 25 novembre dernier une garantie mensuelle de ressources de 900€. Une somme jugée dérisoire par les manifestants.

« Seuls 30% des extras la reçoivent aujourd’hui », proteste François Choux, président d’une agence d’intérim et porte parole de l’Organisation du personnel de la restauration en événementiel (OPRE) qui représente les extras. « On ne leur donne même pas les minimas sociaux ! Notre activité est en train de disparaître. En un an, j’ai perdu 82% de chiffre d’affaire, poursuit François Choux en agitant sa cigarette. Et plus de 70% des extras ont, soit disparu, soit disent ne pas vouloir revenir. »

Alors que le groupe se déplace pour rejoindre l’esplanade des Invalides pour se mêler à la manifestation principale, le responsable syndical souligne l’absence de jeunes dans le cortège. « Nous étions une place forte pour les étudiants qui devaient arrondir les fins de mois. Pour eux, c’est un cauchemar. Ils sont tous retournés chez leurs parents. »

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