Rassemblement du monde de la culture: « on ne peut pas imaginer une société sans théâtre, sans cinéma »

La CGT spectacle appelle à manifester mardi 15 décembre pour réclamer des mesures de soutien pour la culture

Comédiens, jongleurs, artistes de rue, étudiants en théâtre et responsables de salles se sont rassemblés mardi 15 décembre place de la Bastille pour réclamer des mesures de soutien pour la culture. Alors que la France se déconfine, les salles de spectacle et de cinéma n’ont pas pu rouvrir leurs portes.

« Je m’entraîne, je m’entraîne, mais je n’ai aucune perspective », s’exclame Séverine en haussant ses sourcils dessinés. Cette acrobate de cirque devait enfin  reprendre un spectacle aujourd’hui, mais tout a été annulé après le discours de Jean Castex jeudi 8 décembre, qui a annoncé que les salles de spectacle ne rouvriraient pas. Elle continue à pratiquer de peur de perdre son niveau… Mais sans aucune date en tête, force est de constater que c’est difficile.

C’est notamment ce manque de visibilité que dénoncent  les professionnels de la culture qui se sont rassemblés mardi 15 décembre à Bastille.  Alors qu’Emmanuel Macron avait laissé penser que les salles de spectacles et de cinéma pourraient rouvrir le 15 décembre – date du déconfinement – le premier ministre a douché leurs espoirs. Les salles resteront fermées au moins jusqu’au 7 janvier, a annoncé Jean Castex jeudi 8 décembre.Un recours en référé-liberté a été déposé devant le Conseil d’Etat à l’initiative de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), pour demander leur réouverture.

Le communiqué de la CGT du spectacle, qui appelle à manifester, fustige ainsi «  cette succession d’annonces incertaines qui [les] place dans l’expectative permanente » et « ne répond pas aux enjeux que traversent la profession », à savoir : l’arrêt total ou partiel de l’activité artistique française.

« Les salles ne rouvrent pas, mais on va tous s’entasser dans des supermarchés »

Séverine ne s’est produit que 15 fois cette années, contre une cinquantaine par an d’habitude. Les théâtres ont leurs portes closes. Et les acteurs sont réduits à répéter éternellement des projets dont ils ne savent pas quand ils pourront les jouer.

Surtout, le milieu ressent une humiliation profonde d’être considéré comme un secteur non essentiel : « les salles ne rouvrent pas, mais par contre on va tous aller s’entasser dans des supermarchés », soupire la responsable de la Compagnie des entichés, venue de la région Centre pour manifester.

Ce sentiment d’injustice est d’autant plus fort que selon Mathieu, membre de la scop du théâtre El Duende, à Ivry-sur-Seine, les salles ont tout fait pour mettre en place des protocoles sanitaires.

Théâtre en vitrine

Devant cette situation, les salles survivent comme elles peuvent. Depuis la fermeture, le théâtre indépendant El Duende, non subventionné par l’Etat, survit tant bien que mal grâce aux aides de la municipalité pour des projets ponctuels, à des cours de théâtre en ligne ou en organisant des ateliers socio-culturels. Et puis depuis quelques temps, les comédiens jouent pour les passants, derrière la vitrine du théâtre, en projetant le son grâce à des haut-parleurs en extérieur. Mais cela ne remplacera jamais une scène. Mathieu hausse les épaules: « On ne peut pas imaginer vivre dans une société sans théâtre, sans cinéma. »

Crédits Photo: Marguerite de Lasa

Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*