« On ne comprend pas, pourquoi nous ? » Contre le coronavirus, Charleville-Mézières teste en masse

La ville de Charleville-Mézières mise tout sur une campagne de communication contre la Covid-19.

Le département des Ardennes est celui où la Covid-19 circule le plus. Depuis lundi 14 décembre, Charleville-Mézières et sa métropole tentent le dépistage massif, aux débuts assez poussifs.

Le gymnase, reconverti en centre de tests, ouvre à 15h. Cinq personnes attendent patiemment les résultats de leurs tests. Comme la veille, l’affluence est bien moins importante qu’espéré.

Ce centre provisoire a une capacité de 300 tests antigéniques par jour. Le 14 décembre, moins de 40 personnes sont venues se faire dépister. Sur place, le personnel se doute que les gens viendront plus nombreux à l’approche des fêtes ou, du moins, à la sortie des bureaux.

Charleville-Mézières est la première métropole, avec Le Havre, à lancer un programme de dépistage de masse au deuxième déconfinement.

Le département en état critique

Partout dans l’agglomération, un même constat : l’incompréhension. Personne ne parvient à expliquer pourquoi le département des Ardennes occupe la place peu enviable de département français où le virus circule le plus.

« Je n’avais aucun patient positif lors de la première vague. Maintenant, je n’ai pas un seul jour sans retour m’expliquant qu’un de mes patients est positif. On ne comprend pas, pourquoi nous ? », regrette le Dr Darkaoui-Allaoui. Le médecin, également vice-président à Ardenne Métropole, peine à comprendre cette hausse de cas.

Il considère que le virus sera freiné si toutes les familles se font tester. D’où l’intérêt de faciliter l’accès aux dépistages : « Les jeunes ne viennent pas se faire dépister. Le dépistage massif, c’est l’une des solutions pour aller à la racine de ce problème. » Le Dr Darkaoui-Allaoui espère que chaque membre d’une famille incitera ses proches au dépistage.

La suite de l’hiver inquiète. Le laboratoire Bio Ardaisne fournit 80% des tests PCR des Ardennes. Si les équipes ne sont pas en surrégime, les dépistages en masse les plongent dans l’inconnu. « On ne sait pas vers où on va, si on va recevoir un, deux, vingt, cent tests par jour », explique une responsable. Pour garantir des résultats en 24h, les équipes de Bio Ardaisne travailleront le dimanche.

La rapidité plutôt que la fiabilité

Les tests antigéniques, utilisés pour les patients asymptomatiques, sont déployés dans les huit sites supplémentaires ouverts par Ardenne Métropole. Avec des résultats en vingt minutes, cette méthode évite de surcharger les laboratoires. Mais leur résultat est faussement rassurant. « C’est beaucoup moins fiable. Dans un village, on a fait cent tests. Combien de positifs ? Trois ! », rigole Olivier Dautremay, au laboratoire Bio Ardaisne.

La métropole ne nie pas préférer la rapidité à la fiabilité. « Le test, ce n’est pas un visa ad vitam contre la Covid-19. Quand les patients ont un résultat négatif, le personnel fait comprendre que ce n’est pas l’occasion de faire n’importe quoi, mais de rester prudent. », détaille le médecin en charge du dépistage de masse. Une stratégie qu’il espère payante, pourvu que le vaccin arrive bientôt.

Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*