Catégories
Accidentés

« Quitte à avoir mal, je préfère que ce soit à cause d’un métier que j’aime »

PRÉNOM : Laura
ÂGE : 37 ans
PROFESSION : Responsable adjointe d’une grande surface (Tarn)
FAIT MARQUANT : Souffre d’une tendinite dans tout le bras à cause de son travail

« Tout part de la zone située entre le cou et l’épaule et cela tire tout le long du bras. Au début, je ne pensais pas que c’était une tendinite. Je me suis dit que c’était de la fatigue musculaire et j’ai donc un peu trainé avant de consulter. Avec ce genre de maladie, plus on attend, plus c’est long à guérir. Je suis adjointe-responsable d’un magasin. Je fais donc beaucoup, beaucoup, beaucoup de mise en rayon, après mes tâches administratives et managériales. C’est de là que vient ma tendinite qui a du mal à partir. La douleur est apparue au bout d’un an et demi de travail, à cause de la répétition des gestes pendant la mise en rayon et le rangement. Je porte des charges plutôt légères, mais certains cartons pèsent jusqu’à 18 kilos. Pour ce genre de manutention, nous devrions être à deux, mais ce n’est pas toujours le cas.

Je ne veux pas me reconvertir.

La première fois, j’ai été arrêtée pendant sept semaines, avec visite obligatoire chez une médecin de travail. Passé 35 ans, ces maladies sont fréquentes dans mon métier. Elle m’a dit qu’il fallait penser à une reconversion, que ce ne serait pas maintenant, mais qu’il fallait commencer à y réfléchir. Lorsque je suis sortie, je me suis mise à pleurer. J’adore mon boulot. Je ne me vois pas faire autre chose. Je ne veux pas me reconvertir car j’ai été dans la vente toute ma vie. Mon bras droit, je vais l’utiliser dans n’importe quel travail ! Quitte à avoir mal, je préfère que ce soit à cause d’un métier que j’aime. Non, je ne veux pas changer !

Au début, porter une poêle un peu lourde, passer l’aspirateur, c’était impossible.

Quand je sens que mon bras fatigue, mon conjoint m’aide à la maison. Au travail, lorsque j’ai mal, je peux faire une pause cinq minutes au bureau, ou demander à être en binôme. C’est compliqué d’adapter le travail à la maladie, car les tâches, elles, ne changent pas. Il y a des choses que je fais moins, comme le port de charges lourdes. De toutes façons, la médecine du travail m’interdit de porter plus de huit kilos. Chose que je ne respecte pas toujours, mais j’essaie au maximum pour guérir ou en tout cas pour atténuer ma tendinite.

Je me mets encore en arrêt, de temps en temps, car la douleur revient parfois plus fortement.

Je vois maintenant un nouveau médecin du travail. Encore un petit coup de peur, car il m’a demandé de repasser une IRM. Je craignais qu’il ne me considère pas « apte » à travailler. Heureusement, d’après l’imagerie mon état ne s’est pas dégradé, mais il ne s’est pas amélioré non plus. J’attends donc un autre rendez-vous avec lui, en espérant que cela passe. Mes symptômes sont bien liés à mon travail, mais je n’ai pas fait reconnaître ma tendinite comme une maladie professionnelle. Peut-être que dans ma tête, «  maladie professionnelle  », cela ne rentre pas. »

Propos recueillis par Alice Bouviala

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.