Les outils numériques rendent-ils les salariés plus efficaces ?

Les outils numériques rendent-ils les salariés plus efficaces ?

9 décembre 2017 Numériser pour produire plus ? 0

Les outils numériques font aujourd’hui partie intégrante du fonctionnement de l’entreprise. Productivité, mise en relation, efficacité. Mais leurs apports varient et sont parfois critiqués.

Avec l’arrivée des objets connectés et des plate-formes collaboratives, les salariés disposent d’outils performants pour communiquer et travailler. L’âge d’or d’internet et des réseaux sociaux, poussent les entreprises à se doter d’outils de communication numériques. Objectif : améliorer la productivité. 

Les plate-formes collaboratives s’imposent

L’apparition de la plateforme Slack a redéfini la manière de communiquer dans les entreprises. Très prisée par les start-up, Slack permet de créer des canaux de discussions entre les collaborateurs et de délaisser les mails via une application sur smartphones. « C’est vraiment un outil pratique et gratuit pour communiquer. Notamment pour les développeurs », raconte Lea Munoz, responsable communication chez Wuha, jeune pousse qui propose une solution qui connecte les applications professionnelles (Gdrive, Slack, Gmail, intranet …) simultanément et directement sur Google.

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Les 11 collaborateurs de Wuha utilisent Slack. Ils seront bientôt 28. « La plate-forme a remplacé les mails, on s’est donné comme obligation de s’en envoyer le moins possible. En interne, il n’y en a pas besoin », explique Lea Munoz. Slack, comme Google Drive voire le désormais plus obsolète What’s App, sont intégrés dans les moeurs des entreprises de toute taille. Yann-Mael Larher, docteur en relations numériques de travail, y voit un moyen « de soulager les boites mails. Pour les suivis de projet, inutile de mettre la terre entière en copie. »

Gain de productivité, vraiment ?

Tous ces outils doivent permettre gagner en productivité. « C’est beaucoup plus efficace. Cela permet d’être plus productif, avec moins de choses à traiter. On a plus de temps pour se consacrer à son travail », affirme Yann-Mael Larher. Une étude réalisée en 2016 par la société Citrix France, spécialisée dans l’aide numérique aux entreprises, révèle pourtant qu’un Français sur deux considère que les outils numériques mis à leur disposition ne permettent pas un gain de productivité. « L’utilisation des outils numériques est encore complexe pour certains salariés », analyse Alexandre Le Coq, directeur des relations publiques chez Citrix France.

Pourtant, sur le terrain, différents cas s’opposent. En 2011, Thierry Breton, PDG d’Atos, a lancé une politique « zéro email ». Pour les remplacer, l’entreprise a racheté Bluekiwi, un réseau social d’entreprise interne. « Nous avons beaucoup structuré l’outil. Il y a eu une véritable amélioration des échanges et de la productivité. Et une vraie réactivité », assure Sarah Pearl-Boukobza, responsable de la communication chez Atos qui revendique « une baisse de 70% des mails envoyés en interne. » 40% des entreprises en France se sont dotées d’un réseau social interne, le chiffre monte à 80% pour les entreprises du CAC 40, d’après les données de Jean Pralong, titulaire de la chaire Intelligence RH & RSE de l’IGS-RH et auteur d’une étude sur l’impact des réseaux sociaux internes sur les salariés. « Le principal effet négatif : la création d’un canal de communication supplémentaire entre des gens qui en avaient déjà plusieurs. C’est l’effet mille feuille : pour communiquer avec la même personne vous avez plein de canaux. Pour parler au voisin de bureau vous avez le mail, la messagerie sociale, etc», détaille Jean Pralong.

Le manque de formation aux outils numériques pose question

« Personne n’est assez formé, on a tous un smartphone mais personne ne nous a appris à nous en servir, les mails, c’est pareil, les réseaux sociaux aussi. Il faut re-synchroniser les gens ensemble et déterminer les règles communes. Il faut décider de ce qui est acceptable ou non », avance Yann-Mael Larher. Pour autant, les outils comme Slack ou Google Drive, simples d’utilisation, sont pris en main assez rapidement lorsqu’ils sont utilisés. Chez Atos, la formation est prise au sérieux. « Il y a eu des formations en e-learning avec les managers. Tout le monde est préparé. Comprendre comment est structuré l’outil. C’est complètement intégré aujourd’hui », explique Sarah Pearl-Boukobza. Les entreprises ne semblent plus en mesure de se passer des outils numériques. «Il y a une totale intégration de ces outils dans la vie quotidienne des gens qui travaillent, pour autant il y a encore beaucoup de choses à faire pour rendre leur usage plus facile», prévient Alexandre Le Coq. 

Thibault Marotte