22,7 ans. C’est la moyenne d’âge de la population sénégalaise. Pas très loin de celle de notre promotion de l’Institut Pratique de Journalisme. Et c’est cette jeunesse sénégalaise à laquelle nous voulons nous intéresser. À travers les rêves de ces jeunes générations, se distinguent autant les héritages du passé que les enjeux futurs.

Emmanuel Macron s’est rendu au Sénégal en février 2018. Au coeur de sa visite: l’éducation, l’environnement et l’économie. Aux côtés de Macky Sall, président de la République du Sénégal depuis 2012, Emmanuel Macron a annoncé l’augmentation de la contribution de la France au partenariat mondial pour l’éducation (PME). Prévus, 200 millions d’euros pour promouvoir le développement de l’éducation dans 65 pays, dont la majorité ten Afrique.

À cette occasion, Dakar s’est vue qualifier de « capitale mondiale de l’éducation » par la presse étrangère. Tout un symbole pour ce pays où le taux net de scolarisation atteignait 75 % en 2013. Pourtant, le mois de mai dernier a été secoué par de nombreux mouvements de grèves dans les universités du pays. Les étudiants réclamaient depuis cinq mois le versement de leurs bourses. Leur colère s’est intensifiée à la suite de la mort d’un jeune homme, le 15 mai, alors qu’ils s’affrontaient avec la police sur le campus de l’université Gaston-Berger de Saint-Louis (UGB). Son décès a marqué les esprits. De nombreuses facultés sénégalaises ont suivi le mouvement et poussé les médias, étrangers et nationaux, à se pencher sur les questions d’éducation dans le pays.

Ecologie

À Saint Louis, surnommée la « Venise africaine », Emmanuel Macron a vu les conséquences de la montée des eaux, due au réchauffement climatique. En 50 ans, la mer a gagné plusieurs kilomètres et menace un peu plus la ville, classée au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Les habitants sont victimes de la montée des eaux : 200 familles déplacées, 10 000 personnes à reloger et huit classes d’école fermées.

Le Sénégal est aussi menacé par la désertification. Le pays œuvre contre la déforestation, au niveau national comme international. Surtout, la pollution et les problèmes de santé qu’elle cause font écho chez les Sénégalais. Dakar, avec plus d’un million d’habitants dépasse trois fois les limites fixées par l‘OMS sur la concentration des petites et fines particules. Autant de sujets pour lesquels les habitants se mobilisent. Les autorités reconnaissent le poids de la jeunesse dans la lutte pour un meilleur environnement. « La mobilisation de cette force, de ce potentiel de la jeunesse dans ce combat reste l’un des plus grands défis, déclarait Aminata Touré, Premier ministre en 2013. C’est d’abord une exigence d’équité avant d’être une stratégie. »

Vers l’abandon du franc CFA?

Et puis, il y a cette question sensible: le franc CFA, monnaie des pays d’Afrique de l’Ouest et fabriquée en France. Cette monnaie est fustigée par certains mouvements politiques comme frein au développement et justifiée par d’autres comme facteur d’une stabilité monétaire. Les jeunes s’intéressent de plus en plus à ses alternatives.

Présenté comme une réussite économique, le Sénégal voit sa croissance dépasser 6 % depuis plusieurs années (en France la croissance dépasse à peine les 2% en 2017) . Pour autant, ce chiffre ne doit pas cacher ceux du chômage qui touche 15,7 % de la population. Ce chômage affecte surtout les femmes: 2 femmes sur 10 sont concernées. Dans ce contexte, ramener les jeunes vers les secteurs premiers de l’économie comme l’agriculture et la pêche devient un enjeu public.

Alors, pourquoi partir au Sénégal ?

Comme chez nous, en France, les jeunes semblent parfois oubliés de la société. Chômage, manifestations étudiantes, remise en question de l’économie traditionnelle… Ces sujets nous sont familiers.

Certains de nos interlocuteurs nous ont donné des débuts de réponse. Des pessimistes : les jeunes fantasment encore sur un modèle « passé, éculé, à bout de souffle ». Ils voudraient ressembler à une jeunesse occidentalisée, elle-même prise dans « une sorte de vertige existentiel ». D’autres dépeignent un avenir plein d’espoir, celui d’une jeunesse qui veut se redéfinir, inventer d’autres voies loin de l’influence européenne. Certains jeunes l’affirment : ils ne veulent plus « subir leur environnement » mais le remodeler.

Et en même temps, qui sont ces jeunes ? Tant de différences existent entre ceux qui vivent parmi les 3 millions d’habitants de la capitale et ceux qui vivent dans les zones rurales. A quoi aspirent-ils pour leur avenir et celui de leur pays ?

C’est à travers la jeunesse sénégalaise que nous avons voulu prendre le pouls du pays. Entre la plage mythique de Dakar, le port et les marchés de la capitale ou encore les Terres salées, on vous emmène avec nous découvrir le Sénégal !

 

Malika Butzbach & Marie Bail 

Comments are closed.