De serveur à kiosquier, Kamel s’est reconverti à 52 ans

Depuis cinq ans, Kamel est devenu kiosquier sur le parvis de la gare Saint-Lazare. Cet ancien serveur, originaire d’Algérie, compte bien garder son nouveau métier le plus longtemps possible.

« Oui allô ? Je n’ai pas reçu les Échos depuis une semaine et je n’avais qu’un exemplaire de Libération aujourd’hui… », lance Kamel au téléphone. Kiosquier depuis cinq ans sur le parvis de la gare Saint-Lazare, il vient de rouvrir après deux mois de travaux.  Avec sa chemise rayée bleu et blanc et ses cheveux grisonnant, l’homme de 57 ans est situé dans un endroit stratégique. « Aubert ? C’est tout droit puis à droite ! », indique-t-il à une femme et sa fille qui cherchent la station de RER.

La réouverture du kiosque est difficile. « Avant ça marchait bien, maintenant il y a beaucoup moins de monde… il y a plein de kiosquiers qui doivent arrêter », regrette Kamel. Mais il ne lie pas le frein de son activité au manque de journaux : « ça c’est monnaie courante ». Il aimerait aussi pouvoir réellement choisir les magazines qu’il vend.

Une reconversion tardive

Originaire d’Algérie, il habite à Paris depuis presque quarante ans. « J’ai longtemps été serveur, mais je ne me voyais pas faire ce métier à mon âge. Il faut beaucoup de mémoire, des capacités physiques et être rapide… », se désole-t-il. Il a toujours travaillé dans la capitale et particulièrement dans le 9e arrondissement autour de la gare Saint-Lazare.

Ici, il est assis derrière sa vitre à moitié ouverte les bras ballants, dans les nouveaux kiosques parisiens. « J’aime beaucoup les médias, c’est pour ça que je me suis reconverti là-dedans ! Et au moins, je ne perds pas le contact avec les gens », se réjouit Kamel.  Au milieu du parvis, entre la route où grondent les voitures et les aller-retours des voyageurs dans la gare, le kiosque de Kamel s’élève comme un pilier.

Ce qui s’est passé sur les Champs-Élysées, où des kiosques ont été brûlés et détruits lors d’une manifestation de gilets jaunes a beaucoup touché Kamel. Il ajoute, d’un air révolté : « Je ne pensais pas que ça pouvait arriver dans un pays libre ! ». Il ne comprend pas non plus toutes les critiques adressées à la presse. « Les journalistes ont fait un très bon travail », juge-t-il.

A 57 ans, Kamel n’est pas lassé de son métier. Il apprécie rencontrer les passants, discuter des journaux, et donner des conseils aux clients sur leurs lectures. Même si les conditions de travail ne sont pas toujours facile, Kamel compte faire ce métier « jusqu’à sa retraite ».

 

Les nouveaux kiosques parisiens, c’est quoi ?

Depuis avril dernier, la mairie de Paris renouvelle les kiosques de la ville. L’objectif : changer 360 kiosques d’ici à l’été 2019. Plus modernes et aérés, ils sont désormais tous accessibles aux personnes à mobilité réduite. Ils sont également conçus avec des matériaux 100% recyclables et alimentés en électricité d’origine renouvelable. L’objectif de la mairie de Paris : réduire la consommation énergétique des kiosques de 54%.

 

Yanis CHOUITER

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