Michel : le peintre de la débrouille

Sur la butte Montmartre, Michel réalise des portraits pour les touristes. Tarifs à la tête du client, techniques pour appâter le client : voici la vie d’un peintre de la place du Tertre.

Michel a plusieurs approches pour alpaguer les clients. La première : parler aux enfants. La seconde : dire aux femmes, avec un air dragueur, qu’il aimerait bien les dessiner. Michel est un des nombreux portraitistes de la butte Montmartre.

Fin de matinée. L’homme à l’accent italien est assis à la terrasse d’un café faussement traditionnel. Feuilles à la main, prêt à dessiner, il parle à tous les touristes qui passent pour essayer de les convaincre de jouer les modèles. Pourtant une légère pluie commence à tomber et peu d’étrangers ont décidé de gravir le point culminant de la capitale. La journée est « maussade » pour le Pablo Picasso de la place du Tertre.

Bobby Kennedy et Amélie Mauresmo

Depuis 30 ans, cet italien peint les passants en quelques minutes. Si on l’écoute, il a fait les portraits de nombreuses personnalités : Bobby Kennedy ou encore Amélie Mauresmo. Quand on lui demande comment il décrirait sa peinture, il réplique, sûr de lui : « je fais du surréalisme, comme Dali ». Pourtant aujourd’hui, pas une star ni même un inconnu ne s’arrête pour se faire tirer le portrait.

Ici, la concurrence est rude. Pour se démarquer des 200 autres peintres du quartier, il mise tout sur son style vestimentaire. Son pantalon est tâché de traces de peinture et son béret parisiannise sa dégaine. Bref, tout est ici mis en œuvre pour donner confiance aux touristes et le légitimer.

De 20 à 200 euros

L’homme se démarque, selon ses mots, par le fait d’être un vrai artiste « contrairement à ceux qui sont là uniquement pour travailler ». Alors le talent, ça a un prix. 20 euros au minimum. Beaucoup plus pour certains : « Si je vois quelqu’un avec une Rolex à la main, je ne vais pas lui demander 20 euros. Ça sera plutôt 200. »

Après plusieurs minutes, Michel arrête l’interview car elle lui empêche de parler aux touristes. Il faut bien rattraper un début de journée plutôt calme.

THEO NEPIPVODA

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