Irlande : le spectre d’un retour à la frontière

Une pancarte du collectif « Border Communities Against Brexit » près de la frontière le comté de Cavan en Irlande et le comté de Fermanagh en Irlande du Nord, le 30 novembre 2017. REUTERS/Clodagh Kilcoyne

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Si les Britanniques et les Européens semblent s’accorder sur le non-rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, le sujet est loin d’être tranché. Il ne reste que cinq mois aux deux parties pour négocier un accord et éviter un nouveau conflit.[/vc_column_text][vc_column_text]« Je n’accepterai jamais une frontière ! » martèle James Nicholson. Député européen pour l’Irlande du Nord depuis vingt-huit ans, il entrevoit les conséquences qu’entraînerait une séparation ferme entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. « J’ai vécu les trente ans de troubles en Irlande et j’espère qu’aucune génération ne connaîtra à nouveau ces problèmes. Je prie pour qu’une bonne solution soit trouvée pour les familles qui vivent et travaillent d’un côté et de l’autre de la frontière », espère le député conservateur. Chaque jour, 30 000 personnes traversent cette frontière totalement ouverte sur 500 km. Qu’ils soient fermiers, chefs d’entreprises, transporteurs ou touristes, tous profitent de l’accord du Vendredi Saint. Signé le 10 avril 1998, il met fin à trente années de guerre civile et régit depuis les passages entre les deux Irlande.[/vc_column_text][vc_column_text]VIDEO : Brexit : comprendre l’enjeu de la frontière irlandaise en deux minutes

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]Une frontière inévitable ? [/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]Le Brexit n’engendrera pas le rétablissement d’une frontière physique. Les Européens s’y sont engagés lors de la première phase des négociations qui a pris fin le 8 décembre 2017. Les Vingt-Sept ont insisté sur la nécessité pour Londres de respecter cet accord de principe. Pourtant, David Davis, le ministre britannique en charge du Brexit, a laissé entendre que cette position n’était pas définitive. « C’était surtout une déclaration d’intention » plutôt que « quelque chose de juridiquement contraignant », a-t-il affirmé. En quittant le marché intérieur européen, l’Irlande du Nord s’exposera à un contrôle des marchandises à sa frontière avec la République d’Irlande. Une difficulté supplémentaire pour deux pays qui se retrouvent au pied du mur.

De nouvelles règles qui soulèveront également la question de la fiscalité. Un enjeu qui inquiète. « Une fois que des douanes seront installées à la frontière, ça voudra dire de l’argent, des taxes… L’Europe doit s’assurer que ça n’arrive pas. Une des possibilités serait de créer un nouveau marché unique et une nouvelle union douanière. Cette option doit être envisagé par David Davis et l’Union Européenne. Je n’ai pas de solution à ce problème, pas plus que les autres députés », explique, fataliste, James Nicholson.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]Intérêts partagés, influence inégale [/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]Au-delà des conséquences économiques, l’Irlande du Nord et la République d’Irlande souhaitent à tout prix éviter un nouveau conflit alors que leurs relations se sont apaisées depuis l’accord du Vendredi Saint. À Bruxelles, les deux Irlande ne font pas entendre leurs voix de la même façon. Alors que Dublin dispose d’une représentation permanente à l’Union européenne, Belfast, sans gouvernement depuis janvier 2017, voit ses intérêts défendus par le Royaume-Uni dans les négociations sur le Brexit. Selon un diplomate irlandais en poste à Bruxelles, « la République d’Irlande bénéficie d’un large soutien des Vingt-Sept dans le cadre des discussions ». James Nicholson regrette quant à lui que la voix des Nord-Irlandais passe par le prisme londonien et critique ouvertement la façon dont le Royaume-Uni gère le Brexit. « David Davis aurait pu faire un bien meilleur job ! Le Royaume-Uni veut le beurre et l’argent du beurre. » Il souligne en revanche l’appui du président du Conseil européen, Donald Tusk : « Il est venu à Belfast en décembre et a affirmé qu’il soutiendrait fermement l’Irlande du Nord si elle se retrouvait lésée dans les négociations. »[/vc_column_text][vc_column_text][/vc_column_text][vc_single_image image= »559″ img_size= »large » add_caption= »yes » alignment= »center »][vc_column_text]La République d’Irlande ne souhaite pas davantage voir le rétablissement d’une démarcation physique avec son voisin britannique. « En ce qui concerne le commerce, mais surtout la frontière, nous faisons tout pour que le Brexit soit le plus soft possible », garantit le diplomate dublinois à Bruxelles. Il note néanmoins le poids relatif qu’aurait l’Irlande si elle n’était pas soutenue par l’Union dans les négociations. Le pays ne représente qu’1% de la population européenne. Selon Kevin Leydon, membre de l’Institut international et européen des affaires, un lobby irlandais influent à Bruxelles, « l’Irlande du Nord est très divisée politiquement. Elle est beaucoup plus fragile qu’on ne voudrait le penser ».[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]

Les deux Irlande ont des intérêts communs à défendre dans les discussions sur le Brexit, notamment sur la question de la frontière. Dublin et Belfast militent pour un statu quo et la pérennité de leurs relations harmonieuses. Si les Irlandais peuvent directement participer à l’accord sur le Brexit, les Nord-Irlandais restent, quant à eux, dépendant des modalités de sortie de l’UE proposées par Theresa May. La République d’Irlande sera peut-être finalement la meilleure porte-parole de l’Irlande du Nord à Bruxelles lors de la deuxième phase des négociations.[/vc_column_text][vc_cta h2= » L’Irlande et le Royaume-Uni en quelques chiffres  » txt_align= »center » css= ».vc_custom_1515765085551{border-top-width: 3px !important;border-right-width: 3px !important;border-bottom-width: 3px !important;border-left-width: 3px !important;border-left-color: #1e73be !important;border-left-style: double !important;border-right-color: #1e73be !important;border-right-style: double !important;border-top-color: #1e73be !important;border-top-style: double !important;border-bottom-color: #1e73be !important;border-bottom-style: double !important;border-radius: 3px !important;} »]350 000 Irlandais vivent au Royaume-Uni

100 000 Britanniques vivent en Irlande

Près de 200 000 emplois dépendent des échanges avec le Royaume-Uni, 3ème investisseur en Irlande derrière les Etats-Unis et l’Allemagne

Le Royaume-Uni est le 1er partenaire économique de Dublin, notamment dans l’agriculture

La République d’Irlande représente 34% des exportations nord-irlandaises

1,3 milliard d’€ d’aides versées par l’UE à des programmes de réconciliation des deux Irlande[/vc_cta][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]

Céline Brégand, Maxime Fourrier, Jonathan Lasne

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