L’augmentation des droits d’inscription à l’université, fausse bonne idée ?

La conférence "Faut-il augmenter les droits d'inscription à l'université ?" a eu lieu dans le Salle Molière, le 7 novembre. (Illustration) ©DR

Alors que plusieurs universités sont en déficit budgétaire, certaines voix prônent une hausse des frais d’inscription pour les étudiants. Un sujet au cœur d’une conférence des Jéco ce mercredi, conférence au cours de laquelle on a aussi débattu des prêts étudiants, des inégalités et de la fuite des cerveaux.

« Faut-il augmenter les droits d’inscription à l’université ? » Si le titre de cette conférence a pu paraître provocateur aux yeux de la plupart des intervenants, pour Alain Trannoy, directeur de l’Aix-Marseille School of Economics, l’idée devrait être mise en œuvre. Selon lui, les étudiants pourraient régler leurs frais d’inscription à l’aide d’un prêt à remboursement contingent (PARC), méthode très utilisée en Australie. Un prêt octroyé aux étudiants garanti par l’État, dont le remboursement ne débuterait qu’après un certain niveau de revenus pour les étudiants diplômés.

« Une hausse des frais d’inscription ne ferait qu’accroître les inégalités »

La mise en place de ce prêt est d’ailleurs au cœur du débat des grandes écoles qui réinventent les études à la française, comme l’Université Paris-Dauphine ou encore Sciences Po Paris. Un faux débat selon Félix Garnier, représentant de la Fédération Nationale des Associations Représentatives des Étudiants en Sciences Sociales. « Une hausse des frais d’inscription ne ferait qu’accroître les inégalités entre les étudiants de milieux favorisés et de milieux populaires. »

Même son de cloche chez Hugo Harari-Kermadec, maître de conférences à l’ENS Paris-Saclay. Selon lui, l’augmentation des frais d’inscription ne ferait que dissuader les étudiants les moins aisés d’envisager des études supérieures après le baccalauréat. Ou bien, pour les étudiants qui pourraient se le permettre, cela provoquerait une fuite des cerveaux vers des États où les droits d’inscription seraient moindres. Mais aussi, où le coût de la vie étudiante serait abordable.

« Les droits d’inscription sont déjà chers, mais il faut également prendre en compte le coût global de la vie étudiante, comme les loyers, les transports, ou bien encore les ouvrages d’étude« , clame un étudiant en classe préparatoire à l’ENS Cachan. La solution serait-elle de rémunérer les étudiants, comme le fait l’École Normale Supérieure ? La réponse est « oui« , selon le même orateur. Ou bien tout simplement « Que les entreprises investissent elles-mêmes dans les universités, puisqu’elles sont les premières à profiter des jeunes diplômés« , conclut l’une de ses camarades.

 

Héloïse Linossier et Christelle Murhula