Le codage informatique, un jeu d’enfant

Magic Makers propose des stages et des ateliers hebdomadaires à destination des enfants pour apprendre à coder et à créer du contenu informatique.

Le langage informatique n’est plus le domaine réservé des écoles d’ingénieurs. A Paris, plusieurs structures émergent en vue de proposer des ateliers de codage aux enfants.

L’ambiance ressemble à celle d’une start-up parisienne. Open space, ordinateurs portables posés sur les tables, casque audio sur les oreilles. Pourtant, derrière les écrans, ce ne sont pas des étudiants issus des écoles d’ingénieurs mais des enfants de 8 ans, élèves en CM1. Nous sommes un vendredi après-midi dans les locaux de Magic Makers. Cette entreprise, créée en 2014 par Claude Terosier, propose des stages et des ateliers hebdomadaires pour apprendre à coder et à créer du contenu informatique.

Six centres et 70 employés

L’idée de créer des leçons de codage pour les enfants est née dans l’esprit de Claude Terosier en 2014. Mère de deux enfants, elle est alors à la recherche de cours pour apprendre le langage informatique à ses enfants. Après plusieurs semaines de recherches vaines, elle décide de créer sa propre entreprise. Dès la rentrée 2014, les locaux de Magic Makers, situés rue de Douai dans le 9e arrondissement de Paris, accueillent les premiers apprentis codeurs. Le succès est immédiat. Chaque semaine, les inscriptions sont de plus en plus nombreuses. Depuis, la marque s’est exportée dans plusieurs quartiers de Paris mais également à Bordeaux, où l’entreprise a ouvert un local en 2017. Elle emploie aujourd’hui 70 personnes réparties dans ses six centres.

« Ces ateliers leur donnent une vraie assurance. A l’école, ils en savent souvent plus que leurs professeurs. »

Jade encadre les 13-14 ans au centre rue de Douai. Elle entame sa deuxième année au sein de la start-up. « Les enfants apprennent le langage HMTL et CSS. En ce moment ils planchent sur la création d’un site internet. Ils décident de l’ergonomie de la page, les couleurs des thèmes, les polices. Cela leur donne une vraie en assurance. Lorsqu’ils sont en classe, ils en savent souvent plus que leurs professeurs. » Dans la salle d’à côté, les Tiny (6-8 ans) découvrent le logiciel Slash 3D, jeu de construction qui permet créer un objet sur l’ordinateur pour ensuite l’imprimer en 3D. « On peut créer ce qu’on veut, c’est amusant », raconte Raphaël, 8 ans, un habitué des lieux.

Une exposition accrue aux écrans

Cependant, ces ateliers augmentent le temps passé par les enfants devant les écrans, eux qui y sont déjà massivement confrontés dans leur vie quotidienne. Un effet pervers que les responsables de l’entreprise tendent à relativiser. « On propose autant d’activités à l’écran que d’activités hors écran C’est du 50-50. Il y a une phase importante de réflexion en amont des projets que réalisent les enfants », précise Thibaut Camberlain, manager de centre à Paris.

Temps moyen passé devant les écrans selon l’âge des individus.
Source : IPSOS

 

Ce type de formations s’est développé depuis plus de deux ans dans la capitale. Pionnier, Magic Makers a depuis été rejoint par une dizaine d’associations et d’entreprises privées comme Code Club France et Tech Kids Academy. En plus des ateliers proposés dans leurs propres locaux, les entreprises développent des après-midis thématiques au sein des établissements scolaires. « La plus grande partie des écoles et collèges qui font appel à nous sont des établissements privés, qui ont plus de moyens », concède Thibaut Camberlain. De son côté, l’Education nationale a aussi intégré des heures d’initiation au code informatique au programme des écoles primaires et des collèges. Signe que le codage informatique s’est aussi fait une place dans les programmes scolaires.

Didrick Pomelle

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