Le numérique, une aubaine pour la formation professionnelle ?

Les entreprises n’échappent pas à la révolution numérique. Ces dernières font de plus en plus appel au « digital learning » pour la formation professionnelle de leurs salariés. Au risque de laisser de côté les employés peu à l’aise avec les outils numériques.

En un quart de siècle, le numérique s’est imposé dans l’immense majorité des entreprises. E-mails, logiciels, applications web, plateformes de travail collaboratif… Les salariés n’ont d’autres choix que de se conformer aux outils digitaux. Pour assurer la formation de leurs salariés, de plus en plus d’entreprises ont recours au « digital learning ».

Selon une étude de la société e-doceo, éditrice de logiciels de e-learning, la pratique est omniprésente dans les méthodes de formation actuelles en entreprise. La formation à distance est la pédagogie la plus utilisée par les entreprises (38 %). On retrouve ensuite les tutoriels ou « video learning » (21%). Puis arrive la classe virtuelle (19%), permettant de réunir en temps réel sur internet des participants à une formation et un formateur, et enfin des formats plus novateurs comme le serious game (14%) et le social learning (8%), qui permet de partager, construire et collaborer avec d’autres à distance via des outils collaboratifs ou des réseaux sociaux d’entreprises. Interactifs et ludiques, ces formats sont souvent accessibles au salarié depuis une plate-forme unique.

Les serious games comme méthode d’entraînement pour les salariés

Les serious games, qui sont des jeux pédagogiques immersifs pour entraîner les salariés, s’inscrivent pleinement dans la méthode de l’apprentissage par la pratique (« learning by doing »). Bien qu’ancienne, elle connaît un renouveau dans les entreprises grâce aux interfaces digitales. Serious Factory est un éditeur de serious games à destination des entreprises. Le salarié est immergé dans un jeu de rôle virtuel où il peut développer ses compétences. Par exemple, un commercial perfectionnera son art de la persuasion en s’invitant à une table de négociation virtuelle, au moyen de lunettes de réalité virtuelle.

Une méthode efficace selon Thomas Lesueur, expert digital learning chez Serious Factory. « Le serious game permet de passer du théorique à la compétence pratique. Il permet au salarié de travailler à la fois sur ses compétences, son savoir-faire et son savoir-être. En ce sens c’est un outil puissant. »

Rupture numérique

Camille Meier, responsable de projets chez l’éditeur de formations de digital learning Simplon.co, alerte sur le fait que certaines personnes n’ont aucun acquis en termes de compétences numériques : « De nombreux salariés sont en situation de rupture numérique et rencontrent des difficultés à appliquer des fonctionnalités basiques comme se servir d’un clavier. Il y a des employés mais également des cadres à fortes responsabilités qui sont concernés. S’ils ne sont pas accompagnés par l’entreprise, ces décrochés du numérique risquent de se retrouver un jour démunis sur le marché de l’emploi. »

Romain Badie

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