MGMT, retour pop et sans prise de risque

Après un troisième album hermétique, le duo new-yorkais sort Little Dark Age, un opus pop et gothique, réussi mais légèrement convenu.

En 2007, Oracular Spectacular naissait. Et avec lui, la révélation de deux petits génies dérangés du rock psyché, Andrew Van Wyngarden et Ben Goldwasser. Les titres Electric Feel, 4th Dimensional Transition et Future Reflections n’ont pas pris une ride.

The Cure dans les veines 

Dans Little Dark Age, le duo américain reprend les codes de ce premier opus mélangés au côté pop de Congratulations (2011). Et s’offre à nouveau Dave Fridmann (Tame Impala, The Flaming Lips) à la production.

Ambiance pop eighties psyché, cette nouvelle production sent bon la cassette de The Cure que l’on glisse dans l’autoradio. En effet, en 2013, le duo avait surpris avec MGMT, un troisième effort très expérimental et un peu brouillon. Il n’en reste pas moins intéressant dans la discographie du groupe. Constituant finalement l’album qui laisse le mieux transparaître la véritable identité musicale du duo.

Little Dark Age s’avère moins audacieux et risqué. Et plus ironique aussi. Notamment avec la chanson Me and Michael, présentée dans son clip comme un plagiat satirique du groupe de rock philippin True Faith.

Psychédélisme toujours 

Mention spéciale à deux morceaux : Little Dark Age, petit bijou pop aux nappes de synthétiseur envoûtantes sur lesquelles se distord la voix martienne d’Andrew et TSLAMP – pour “time spent looking at my phone” – au rythme langoureux, qui aborde le thème de la dépendance à la technologie.

When You Die, le titre le plus emblématique de ce son new wave à la fois gothique, rock et pop, transporte l’auditeur grâce à un clip fantasmagorique à la réalisation léchée. L’acteur Alex Karpovsky (Girls) y incarne un magicien raté, perdu dans un monde parallèle psychédélique.

Ce quatrième enregistrement, concocté entre Brooklyn et Los Angeles, se révèle cohérent et abouti dans l’ensemble. Audacieux parfois, Little Dark Age manque toutefois d’une vraie prise de risque et de morceaux plus expérimentaux.

I Sony/Columbia Records

Céline Brégand

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