Edito – Informer, une question de temps?

Victor Hamard, journaliste 

«  Le goût de l’actualité aidant, nous en sommes arrivés à cette fièvre d’informations immédiates et brutales. » Déjà au XIXe siècle, Emile Zola condamnait la course à l’information et le règne de l’instantané. Qu’en dire deux siècles plus tard, sinon que les faits parlent d’eux-mêmes. Dix millions de personnes chaque jour devant les chaînes d’information en continu. Une classification de l’actualité opérée par des tendances Twitter n’obéissant qu’à la folie médiatique. Sans parler des notifications push qui inondent une population hyper connectée. Fièvre, épidémie ou simple tropisme… les points de vue divergent. Difficile de nier pourtant l’uniformisation du contenu qui sévit.

Comment soigner ce « syndrome »? Comme pour toute maladie, libre à chacun de se gaver d’antibiotiques, de privilégier des médecines alternatives plus douces, ou de cumuler les deux. Le « slow journalism » a cette ambition. Celle du temps long, de la réflexion et du recul face à l’actualité. De plus en plus de médias, papiers ou web, arpentent ce chemin abrupt. La question n’est pas de savoir quel journalisme est meilleur que l’autre. Seulement d’entrevoir la complémentarité de deux courants que tout oppose, sauf l’intime conviction de servir le bien commun. Le « slow journalism » recouvre bien des singularités .. Prenons le temps de les interroger.

UNE BRÈVE HISTOIRE DU TEMPS LONG

Le journalisme de « temps long » n’est pas apparu dans les années 2000. Les créateurs des nouveaux médias du type « XXI » se sont directement inspirés des magazines de grands reportages de l’entre deux-guerres. Mêlant récit littéraire et enquête journalistique, cette presse des années 20-30 fut notamment symbolisée par des grands noms tels qu’Albert Londres.

Ci-dessous, nous avons sélectionné six titres marquants qui vous aideront à décrypter l’historique du « slow journalisme ».

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