Allemagne. Merkel face aux critiques suite aux négociations de coalition avec le SPD

La chancelière allemande Angela Merkel souhaite rencontrer les membres CDU de son gouvernement. Objectif : planifier un quatrième mandat malgré les divisions internes au parti.

Angela Merkel a annoncé, dimanche [11 février], sur la ZDF, que la liste de ses ministres devrait « refléter toute la diversité de son parti. » La présidente de la CDU a déclaré qu’il y aurait une « nouvelle équipe » pour diriger les six postes ministériels dont le parti garde la charge. Elle affirme « ne pas penser seulement aux plus de 60 ans, mais aussi aux plus jeunes. » La chancelière a ajouté que les noms des ministres potentiels seraient connus d’ici au congrès de son parti fin février. De nombreux jeunes politiciens de la CDU exigent un rajeunissement radical du gouvernement. Ils ont aussi mis en lumière la question de la succession de la chancelière dans les prochaines années.

La succession de Merkel en question

Le ministre président du Schleswig-Holstein, Daniel Günther est allé encore plus loin en disant que la CDU devait assurer ses perspectives de gouverner au-delà du mandat de Merkel. Les jeunes conservateurs (Junge Union) ont conditionné leur approbation du contrat de coalition à un renouvellement du personnel de la CDU. Angela Merkel n’a pas répondu aux questions concernant sa succession. Elle a cependant précisé vouloir être chancelière durant toute la durée du prochain mandat, comme elle l’avait promis avant les élections fédérales.

« Le prix du pouvoir » – Certaines voix s’élèvent à la CDU pour critiquer l’accord noué avec le SPD par Angela Merkel  / ©Der Spiegel

La chancelière n’a également pas changé d’opinion concernant le fait d’exercer à la fois les fonctions de chancelière et de présidente de la CDU. Si le vote du SPD contre la formation d’une « grande coalition » échouait, et que le président fédéral Frank-Walter Steinmeier proposait à un candidat la fonction de chancelier sans coalition préalable, elle pourrait ainsi y concourir.

La relation entre Merkel, la numéro deux du parti Julia Klöckner et le membre du bureau Jens Spahn devrait être déterminante pour l’ambiance au sein de la jeune génération de la CDU. Suite aux négociations de coalition, Klöckner est pressentie pour devenir ministre de l’agriculture. L’avenir de Spahn, critique vis à vis de Merkel au sein de la CDU, est incertain. Il a regretté mercredi dernier la perte du ministère des Finances, où il était secrétaire d’Etat jusqu’alors.

Un compromis « douloureux » mais « acceptable »

La chancelière a dit comprendre la déception au sein de son parti à ce sujet. Mais selon elle, la CDU a encore un grand rôle à jouer, malgré les faibles résultats obtenus aux élections. Elle considère le compromis à propos du ministère des Finances comme « douloureux » mais « acceptable »  en vue de la formation du gouvernement. En outre, la CDU récupérerait le ministère de l’Economie, « une prise attendue depuis de nombreuses années »  selon la chef de file de la CDU.

Nico Fried

Publié le 11 février

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Die Süddeutsche Zeitung : est un des trois plus grands quotidiens nationaux allemands. Créé à Munich en 1945, sa ligne éditoriale est de centre gauche. Il traite de l’information régionale dans ses pages « Bavière ».

 

Allemagne. Martin Schulz poussé vers la sortie par le SPD qui se déchire

Martin Schulz a renoncé à prendre la tête du ministère des affaires étrangères, mais cela ne suffit pas à éteindre l’incendie au SPD. Le parti se déchire sur la « grande coalition » souhaitée par Angela Merkel.

Le conflit au sein du SPD, concernant l’entrée du parti dans une nouvelle coalition avec la CDU et la CSU, a atteint un point culminant ce week-end. Martin Schulz, négociateur du parti social démocrate, à qui était promis le poste de ministre des affaires étrangères, a brusquement quitté la scène politique. Une « bouffée d’oxygène » pour certaines voix au SPD. « Embarrassant » pour d’autres.

Difficile d’expliquer ce qu’il s’est passé au SPD au cours des derniers jours. Les sociaux-démocrates ont soudainement envoyé leur « Martin bien-aimé » dans le désert. On pourrait voir dans le renoncement forcé de Schulz une vengeance de Sigmar Gabriel, l’actuel ministre des affaires étrangères et ancien président du parti social démocrate. Mais, cette explication ne suffit pas.

La débâcle aux élections législatives et la conclusion des négociations de coalition ont accru la pression au sein du SPD, comme dans une cocotte-minute. Il est de plus en plus difficile pour de nombreux membres du parti de persévérer dans leur engagement politique, en l’absence d’une ligne logique et continue. Vendredi [9 février], les sociaux-démocrates croyaient pouvoir éviter l’explosion en ouvrant la soupape.

« La direction du parti a tiré le frein d’urgence. Andrea Nahles a fait comprendre à Martin Schulz que ça ne pouvait plus continuer », a déclaré Sabine Wölfle, députée SPD du Bade-Wurtemberg. Loin de Berlin et des contraintes du Bundestag, elle cultive une certaine liberté de parole. Pourtant, elle est mieux informée sur les coulisses du parti que la plupart de ses membres.

Erreur fatale

Wölfle éclaircit : « Récemment acclamé, Schulz doit partir ; non seulement parce qu’il n’a pas tenu sa parole envers Sigmar Gabriel, mais aussi parce qu’il incarne à lui seul le problème de crédibilité des sociaux-démocrates. » Martin Schulz a commis une erreur fatale en annonçant qu’il n’entrerait jamais dans un « cabinet Merkel.» (en allemand). Pas seulement aux yeux des militants de la Ruhr, qui ont exercé la pression décisive sur Nahles en faveur de l’expulsion de Schulz, mais aussi pour beaucoup de membres du parti, dans tout le pays.

Selon Rita Schwarzelühr-Sutter, élue  du Haut-Rhin, « Martin Schulz a placé ses intérêts personnels avant ceux du pays et du parti. » Elle espère « que le débat autour des personnes au sein du SPD est terminé. » Son collègue à Berlin, John Fechner, a déclaré que de nombreux sociaux-démocrates ont souffert de « maux de ventre », en apprenant la volonté de Schulz de briguer le poste de ministre des affaires étrangères.

Curieusement, pendant des semaines, les ambitions ministérielles de l’ancien président du Parlement européen ont été ouvertement mises sur la table. Quelques heures avant la démission forcée de Martin Schulz, deux politologues de Fribourg, Ulrich Eith et Michael Wehner, ont estimé que l’accord de coalition entre la CDU / CSU et le SPD était une « grande opportunité » pour le tandem Merkel / Schulz. En particulier du point de vue de la politique européenne. Et maintenant, le parti devrait se sentir libéré d’un poids ?

Contrairement à la France où un grand parti majoritaire domine les autres, en Allemagne, la formation d’une coalition entre partis est presque toujours nécessaire pour réunir une majorité permettant d’élire le chancelier.

Le parti arrivé en tête des élections mène les négociations du contrat de coalition autour duquel deux ou trois partis s’accordent sur la répartition des ministères, ainsi que sur les lois et réformes à mettre en oeuvre au cours du mandat.

« Beaucoup de frustration dans le parti »

Luisa Boos, la secrétaire générale du SPD au Bade-Wurtemberg, s’efforce d’endiguer la crise  : « Le SPD a obtenu beaucoup de choses dans l’accord de coalition, et pourtant il y a beaucoup de frustration dans le parti. Mais il est faux de croire que l’aile gauche est contre l’aile droite dans les négociations de la coalition, ou les jeunes contre les anciens. Le pour et le contre traversent tout le parti. »

Martin Schulz a payé le prix fort pour avoir incarné les problèmes du SPD. Pour autant, le calme ne reviendra pas dans l’immédiat au sein du parti. Le différend à propos de l’adhésion à la « grande coalition » continue de gangréner le parti et pourrait perdurer au delà du vote au mois de mars.

Le scepticisme règne parmi les militants de Bade-Wurtemberg, en particulier dans les villes de Lorräch et Fribourg-en-Brisgau. Vendredi dernier, les Jeunes Socialistes (Jusos) de Fribourg-en-Brisgau ont envoyé aux autres membres du SPD des cartes postales rédigées à la main, pour dénoncer un possible accord de grande coalition. Ils demandaient également des fonds pour leur action. « Nous sommes un parti plein de vie », commente le chef de section Julien Bender, laissant entendre sa sympathie pour cette campagne. Bender souhaite voter contre la « grande coalition »  et pense qu’il n’y aura pas de majorité en faveur d’une alliance avec la CDU.

Pour lui, le scénario idéal serait un gouvernement minoritaire. Il a fait part de sa déception suite au désistement de Martin Schulz aux affaires étrangères. Bender aurait trouvé cohérent que le candidat, tête de liste du SPD et encouragé lors du congrès fédéral du parti, devienne ministre. Selon lui, il est certain que des pressions ont été exercées par l’entourage de Sigmar Gabriel, le ministre des affaires étrangères encore en activité. Aussi, le chef de section trouve injuste que les critiques de la grande coalition se soient répercutées sur Martin Schulz.

Sa collègue du SPD au conseil municipal fribourgeois, Julia Söhne, se montre également effarée devant la volte-face de Schulz  :  « La reconstruction du parti dépend exclusivement de l’issue du vote des militants sur la grande coalition et non pas d’une quelconque lutte de pouvoir de certains à sa tête. Cette triste scène est complètement hors-sujet et se déroule à un moment très mal choisi. »

Toni Nachbar, Klaus Riexinger

Publié le 11 février

 

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Die Badische Zeitung : est un quotidien d’orientation chrétienne, fondé en 1946. Il se définit comme indépendant et non partisan. C’est le journal qui compte le plus d’abonnés dans la région de Bade. Il paraît avec 21 suppléments locaux dans le sud-ouest de l’Allemagne.

Afrique du Sud. Le président Zuma rappelé par l’ANC : et maintenant ?

Lundi soir, le Comité national exécutif (NEC) du Congrès national africain (ANC) a rappelé Jacob Zuma de la présidence sud-africaine. Informé de la situation, ce dernier souhaiterait un préavis de trois mois avant de démissionner. Son parti n’est pas à l’abri d’un scénario cauchemardesque, qui pourrait passer par le Parlement.

Les réunions du Comité national exécutif (NEC) sont soit très courtes, tout le monde étant d’accord, soit très longues, ses membres ayant tous quelque chose à dire. Celle de lundi appartient à la seconde catégorie.

Le Business Day rapporte que Jacob Zuma a demandé à rester en poste un peu plus longtemps. Pour pouvoir présenter son successeur, le président du parti, Cyril Ramaphosa, aux organisations internationales comme l’Union africaine et les BRICS. Une excuse presque aussi pathétique que l’appel de Thabo Mbeki en 2008. Il avait demandé l’autorisation de se maintenir en raison de la tenue d’une importante conférence de la diaspora africaine. Sa requête a évidemment été rejetée.

Aucune confirmation de la décision de la nuit dernière ne devrait intervenir dans les prochaines heures. Mais tous les rapports sont jusqu’à présent unanimes : Cyril Ramaphosa et son secrétaire général Ace Magashule ont quitté la réunion pour demander personnellement à Zuma de démissionner, sous peine d’être rappelé. Il a refusé de quitter son poste, ce qui a abouti à la dernière décision.

Défiance

Malgré tout, Zuma étant Zuma, l’affaire est bien loin d’être terminée. En public, il a fermement refusé de reconnaître des actes répréhensibles. C’est un homme qui s’est battu pour atteindre le sommet de la vie publique, et qui a réussi à se maintenir malgré les obstacles les plus incroyables.

Durant ses mandats, il a créé un Etat quasi-parallèle, contrôlant personnellement l’Autorité nationale judiciaire (NPA) et le Service du revenu sud-africain (SARS). Sans jamais être dérangé par la morale. Les appels à privilégier l’intérêt du pays ou du parti ne risquent pas de porter leurs fruits.

Ramaphosa risque donc de devoir prendre l’option qu’il aurait préféré éviter : aller au Parlement et démettre Zuma par une motion de défiance. Pour l’instant, les règles qui régiraient une procédure d’impeachment (qui enverrait un signal politique fort) ne sont pas finalisées. Evidemment, l’ANC, à travers son contrôle de l’Assemblée nationale par Baleka Mbete, pourrait apporter sa propre motion pour le faire à sa façon.

Mais les Economic Freedom Fighters (EFF), activistes d’extrême gauche, ont demandé une motion de confiance ce mardi. Ils menacent de porter l’affaire devant les tribunaux si aucune réponse n’est adressée dans la matinée. De façon curieuse, le Parlement n’a pas donné de réponse particulière à cette sollicitation. Ce dernier est en consultation avec le chef du groupe des députés du parti au pouvoir. Ce qui laisse vraisemblablement à Ramaphosa la porte ouverte pour autoriser les EFF de déposer leur motion et mettre tout cela sur pied rapidement.

Parti réaliste

Il pourrait être assez humiliant pour l’ANC de devoir voter en faveur d’une motion pour démettre son propre président, en rendant service à un parti d’opposition. A long terme, cette option est donc peut-être la meilleure pour Ramaphosa, plutôt que d’attendre quelques jours de plus. En effet, Zuma va profiter du temps qu’il lui reste pour brûler des documents, supprimer des e-mails et cacher des preuves.  La présidence pourrait aussi faire des annonces pour tenter d’acheter des soutiens politiques. En gros, pour l’ANC, plus vite Zuma est destitué, mieux c’est. Le cauchemar national doit cesser.

Le président du Congrès National Africain (ANC), Cyril Ramaphosa et le président sud-africain, Jacob Zuma (flickr/GovernmentZA).

A la racine de tout ceci réside la question de la discipline du caucus de l’ANC au sein de l’Assemblée Nationale. Divers fervents soutiens de Zuma, ayant le plus à perdre, dont leur liberté, si ce dernier part, pourraient voter contre la motion. Ou encore, le pire de tout, plaider au Parlement pour son maintien. Mais ce scénario, cauchemardesque pour Ramaphosa, semble peu probable.

A l’exception d’un ou deux individus désespérés, comme Des van Rooyen ou Mosebenzi Zwane, la discipline du parti devrait tenir. En effet, le pouvoir politique appartient au comité national exécutif (NEC) : s’il prend la décision de démettre Zuma, alors il serait insensé pour les parlementaires d’agir contre son pouvoir. Pour le dire plus clairement, cela ne serait pas dans leur intérêt personnel à long terme.

Les chances du Parlement de destituer Zuma par ce vote sont donc élevées. Mais il y a aussi d’autres aspects à prendre en compte. Dans ce cas, la Constitution est assez claire : « Si l’Assemblée Nationale, par un vote soutenu par une majorité de ses membres, fait passer une motion de défiance à l’égard du Président, le Président, les autres membres du Cabinet et les ministres députés doivent démissionner. »

Crise durable

Après le vote, Zuma devra donc démissionner. Le plus conspirationniste d’entre nous posera alors une question simple : que se passera-t-il s’il ne le fait pas ? Zuma pourrait tenter de faire appel pour des motifs de procédure et entre-temps refuser de libérer son poste. Le Parlement devrait élire un nouveau Président, ce qui pourrait aboutir à un affrontement tendu.

De bien des façons, avec du recul sur la présidence Zuma, il est clair qu’une issue rapide a toujours été une chimère. Il n’a jamais fait ce qui s’imposait, il ne va pas le faire maintenant. Et finalement, ça a toujours été une affaire de pouvoir. Ce pouvoir dont il a usé et qui va maintenant être utilisé pour le rayer de l’échiquier politique. Il règne un parfum de victoire parmi ses nombreux opposants. Zuma est sur le point de faire encore plus de dégâts au sein de l’organisation qu’il a juré d’aimer, l’ANC.

Stephen Grootes

Publié le 13 février

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Daily Maverick : Fondé en 2009, le Daily Maverick se veut indépendant des partis politiques et des organisations religieuses. Financé par la publicité, il fait appel à un large spectre de contributeurs.

#MosqueMeToo: le féminisme atteint la sphère religieuse

Le 5 février, le mot dièse #MosqueMeToo est apparu sur Twitter afin de dénoncer les agressions sexuelles subies par des femmes lors du pèlerinage à la Mecque. Cette initiative fait suite au témoignage d’une jeune pakistanaise posté sur Facebook.

Qui aurait pu imaginer que les pèlerinages religieux, tel que le Hajj, puissent être aussi dangereux pour les femmes ? L’une d’elle, Sabica Khan, a décidé de partager ses déboires à la Mecque dignes de #MeToo sur Facebook. Beaucoup d’autres femmes ont alors osé suivre le mouvement et raconter leur histoire.

La ville sainte de la Mecque est l’une des villes de pèlerinage les plus sacrées de l’Islam. Située à l’ouest de l’Arabie Saoudite, c’est la ville de naissance du prophète Mahomet. De nombreux fidèles se réunissent lors du Hajj (pèlerinage à la Mecque) venus chercher la paix divine de ce lieu saint. Malheureusement, les femmes ont une histoire différente à raconter.

L’une d’elle, Sabica Khan, a raconté sur Facebook ses mésaventures dignes du mouvement #MeToo lors du Hajj. Elle s’est rendu compte qu’elle n’était pas la seule. Beaucoup d’autres femmes de sa communauté se sont jointes à elle, rapportant plusieurs histoires d’agressions choquantes s’étant déroulées dans des espaces religieux du lieu saint.

Après l’horrible témoignage du viol et du meurtre de Zainab, jeune pakistanaise de 7 ans, de plus en plus de femmes ont livré leurs récits d’agressions sexuelles. De nombreux internautes ont alors été choqués d’apprendre que ces pratiques étaient fréquentes dans des lieux saints telle que la Mecque.

*I was afraid to share this because it might hurt your religious sentiments*.While performing my tawaaf around the…

Posted by Sabica Khan on Freitag, 2. Februar 2018

Le post de Sabica Khan du 2 février a généré plus de 900 commentaires et 2700 partages.

« J’avais peur de partager ceci car je ne voulais pas heurter vos sentiments religieux 

Alors que j’accomplissais mon Tawaf autour de la Kaaba (désigne les sept tours effectués par les musulmans lors du pèlerinage à La Mecque), juste après la Icha (prière de la nuit), quelques chose d’extrêmement étrange s’est produit.

 C’était lors de mon troisième Tawaf, j’ai senti des mains posées sur mes hanches. J’ai pensé que c’était une simple erreur de maladresse. Je n’y ai donc pas prêté attention. 

Et puis…je les ai senties à nouveau. Je me suis sentie très mal à l’aise. J’ai continué de marcher. Soudain, pendant mon 6e Tawaf, j’ai senti quelque chose taper contre mes fesses avec agressivité, j’étais pétrifiée, je n’étais pas sûre de savoir si cela était intentionnel ou non. 

J’ai encore ignoré et continué à marcher, lentement comme la foule était compacte. J’ai même essayé de me retourner, mais malheureusement cela était impossible

« Je me suis sentie vraiment souillée. J’étais incapable de parler.  » Sabica Khan.

Alors que j’atteignais l‘angle yéménite de la Kaaba, quelqu’un a essayé de m’attraper et de me pincer les fesses. J’ai alors décidé de m’arrêter pour repousser la main loin de moi mais je ne pouvais pas bouger ni me retourner, j’étais littéralement pétrifiée. 

Je ne pouvais même pas m’échapper, alors je suis restée immobile et j’ai tenté de me retourner autant que j’ai pu pour voir ce qui se passait. Lorsque j’ai finalement réussi…impossible de voir qui avait fait cela.

Je me suis sentie vraiment souillée. J’étais incapable de parler. J’ai dû me taire car je savais que personne ne me croirait, ou prendrait au sérieux, sauf ma mère. Alors quand je suis rentrée à l’hôtel je lui ai tout racontée. Elle était complètement perdue et dévastée. Après cet incident, elle ne m’a plus autorisée à retourner là-bas toute seule.

C’est triste de se dire que même dans les lieux saints on ne se sent pas en sécurité. J’ai été agressée, pas une, pas deux, mais trois fois. Toute mon expérience dans la ville sainte est entachée par cet incident horrible.

Je pense qu’il est parfaitement acceptable de parler librement des agressions sexuelles. Je ne sais pas combien d’entre vous ont déjà subi une expérience similaire là-bas, mais je suis profondément marquée par cet événement.»

Dès que le post est devenu viral sur les réseaux sociaux, d’autres femmes ont partagé leur expérience d’abus sexuels pendant le Hajj grâce au hashtag #MosqueMeToo (Lancé par la militante féministe Mona Eltahawy ndlr).

« J’avais déjà partagé le récit de mon agression sexuelle pendant le Hajj en 1982 alors que j’avais 15 ans. Dans l’espoir d’aider les femmes musulmanes de briser le silence et le tabou qui règne autour les faits d’agressions ou d’abus sexuels dans les espaces religieux ou pendant le Hajj/Oumra, utilisons #MosqueMeToo »

Anjali Jha

Publié le 11 février

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The Indian Express : Autoproclamé “India’s only national newspaper”, il est le grand rival du Times of India. Il est connu pour son ton combatif et son “journalisme du courage”, ainsi que pour ses enquêtes sur des scandales politico-financiers.

Corées: Face à la proposition de Kim Jong-un, les alliés peuvent-ils être unis ?

L’invitation de Kim Jong-un lancée à son homologue sud-coréen apparaît comme une bonne nouvelle pour le dialogue inter-coréen mais risque de diviser les alliés sur la stratégie à adopter face au dictateur.

Kim Jong-un souhaite organiser un sommet inter-coréen. Il a lancé une invitation au président Moon Jae-in afin qu’il vienne à Pyongyang. Dans quelle mesure la Corée du Sud et les Etats-Unis peuvent-ils se coordonner pour profiter de cette occasion et entamer des discussions sur la dénucléarisation du pays ?

Les alliés semblent d’accord sur un point : la Corée du Nord doit faire des progrès sur la dénucléarisation avant toute tenue d’un sommet. Ainsi, Moon s’est dit prêt à accepter l’invitation selon certaines conditions. Il a notamment suggéré à Pyongyang d’œuvrer en faveur de pourparlers avec les Etats-Unis.

Cependant, les défis semblent immenses. Les alliés pourraient s’affronter sur la façon d’atteindre l’objectif de dénucléarisation, selon les analystes. Moon pourrait être confronté à un dilemme : continuer à mettre une pression maximale sur la Corée du Nord, à l’image de Donald Trump, ou bien profiter de la dynamique des Jeux Olympiques pour atténuer les tensions avec le Nord.

« Il s’agit de vendre de la glace aux Esquimaux », selon Shin Beom-chul, professeur à l’Académie nationale de diplomatie, basée à Séoul. « Il est extrêmement difficile de suivre à la fois la stratégie américaine et de construire une relation de confiance avec la Corée du Nord. »

Le refus américain

« Il nous faut convaincre les Etats-Unis, qui voient les récents agissements de la Corée du Nord comme de la propagande, de la nécessité du dialogue avec ce pays. Et en même temps, nous devons expliquer à la Corée du Nord que les pourparlers sur la dénucléarisation sont dans leur intérêt également. »

Sur le chemin du retour à Washington [le 10 février], le vice-président américain Mike Pence a dit aux journalistes que les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon « restent d’accord » sur la stratégie d’isolement diplomatique et économique de la Corée du Nord tant qu’elle n’aura pas abandonné son programme balistique nucléaire.

« De retour à Washington D.C. Fier d’être unis avec le Japon et la Corée du Sud au sein de notre alliance. Notre politique concernant la Corée du Nord n’a pas changé durant mon voyage. Le président des Etats-Unis a dit qu’il « croit au dialogue » mais que cela ne changera pas nécessairement la situation … »

Le vice-président américain a passé les jours précédant les Jeux olympiques à rappeler le non-respect des droits de l’homme en Corée du Nord. Il a aussi pointé  les provocations militaires menées à la frontière des deux Corées. Il a notamment tenu ce discours en présence de réfugiés nord-coréens lors de la visite du mémorial de Cheonan, un navire probablement torpillé par la Corée du Nord en 2010.

« Malgré de potentielles discussions, et indépendamment du fait qu’elles concernent les Etats-Unis ou la Corée du Sud, de nouvelles sanctions arrivent très rapidement et la campagne de pression s’intensifiera tant que la Corée du Nord n’aura pas abandonné son programme nucléaire. Tous nos alliés sont d’accord. »

La Corée du Sud face à un dilemme

Mike Pence a quitté la Corée du sud sans avoir eu de contact avec la délégation nord-coréenne, présente pour les Jeux olympiques de Pyeongchang. Il s’est dit opposé à toute discussion inter-coréenne tant que le Nord n’aura pas accepté la tenue de pourparlers sur la fin de son programme nucléaire, selon l’agence américaine Associated Press (anglais).

Moon Jae-in a soutenu la politique américaine d’isolement et de sanctions. Mais il ne doit pas être enthousiaste à l’idée que les Etats-Unis puissent accroître la pression sur son voisin et le menacer d’un assaut militaire. « La proposition d’un sommet inter-coréen est la stratégie post-PyeongChang de la Corée du Nord », d’après Nam Sung-wook, professeur au département de la diplomatie et de l’unification à l’Université de Corée, à Séoul, dans une interview à un média local.

« Sans coordination inter-coréenne, les Etats-Unis vont continuer à mettre la pression sur la Corée du Nord. Le sommet avec Moon Jae-Jin est la seule façon de se rapprocher de notre voisin et espérer l’abandon des sanctions internationales. »

Au cours de sa rencontre avec la sœur du dirigeant nord-coréen Kim Yo-jong [le 9 février], le président sud-coréen a affirmé que son voisin devrait fournir plus d’efforts pour entamer des pourparlers avec les Etats-Unis. Des tensions pourraient réapparaître lorsque la Corée du Sud et les Etats-Unis reprendront leurs exercices militaires conjoints dans la péninsule. Des exercices que les alliés ont décidé de suspendre lors des Jeux Olympiques. Mais ils pourraient très certainement reprendre début avril, même si les alliés ne se sont pas encore prononcés sur un calendrier précis.

Risque d’escalade

Dans la région, on s’inquiète de plus en plus de la reprise de ces exercices. Kim Jong-un pourrait répondre à cela par des provocations. L’administration Trump pourrait alors considérer sérieusement l’hypothèse d’un assaut préventif et « sanglant » contre les installations nucléaires et balistiques.

« Je ne crois pas qu’il faille s’attendre à quoi que ce soit des discussions inter-coréennes tant que la relation entre les Etats-Unis et la Corée du Nord ne se sera pas apaisée », explique Kim-Yong-hyun, enseignant à l’Université Dongguk de Séoul et spécialiste de la Corée du Nord. « L’amélioration des relations inter-coréennes peut alimenter un cercle vertueux et avoir une influence positive sur les pourparlers entre la Corée du Nord et les Etats-Unis. »

Des négociations directes entre la Corée du Nord et les Etats-Unis ont été organisées avant chacun des deux précédents sommets inter-coréens. En 2000 et 2007, l’ancien président Kim Dae-jung puis son successeur, Roh Moo-hyun, s’étaient rendus à un sommet similaire avec le leader nord-coréen Kim Jong-il.

En 1999, le ministre de la Défense américaine William Perry avait lancé le « Processus Perry » pour geler le programme balistique nord-coréen en échange de la normalisation des relations diplomatiques. Avant le sommet de 2007, l’accord du 13 février avait été conclu : la Corée du Nord acceptait de fermer son principal réacteur nucléaire en échange d’une aide américaine.

                                                           Yeo Jun-suk

   Publié le 11 février

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The Korea Herald:  Principal journal anglophone en Corée du Sud, ce quotidien a été fondé en 1953. Jusqu’en 1965, il est vendu sous le nom de The Korean Republic puis prend son nom actuel. 50 journalistes, coréens et internationaux, travaillent au sein de rédaction tous les jours.

Russie. Nouvelle enquête anticorruption de Navalny

L’opposant politique à Vladimir Poutine, Alexei Navalny, a publié une enquête sur les liens intrigants entre l’oligarque Oleg Deripaska et le vice-premier ministre Serguei Prikhodko, un intime de Vladimir Poutine. L’investigation révèle un chainon manquant dans l’ingérence russe lors de l’élection américaine.

Les faits se déroulent il y a quelques semaines : un groupe d’escort girls se rend à Moscou au siège du milliardaire Oleg Deripaska, président de Rusal, premier producteur d’aluminium au monde.

Costumes de latex et jouets sexuels à la main, l’arrivée en courant de ces jeunes femmes ne passe pas inaperçue. Les journalistes de la chaîne de télévision Life, un média proche des services de sécurité russes, sont présents et enregistrent la scène.

Les images font immédiatement le tour de la toile et l’affaire est reprise par la Fondation anti-corruption (FBK), l’organisation de Alexei Navalny, l’opposant numéro un à Vladimir Poutine, mis à l’écart de l’élection présidentielle de mars prochain. L’objectif : savoir qui avait organisé cette visite impromptue et dans quel but.

Le groupe d’escort-girls à Moscou devant le siège d’Oleg Deripaska / © Site d’Alexei Navalny

Des négociations secrètes menées en Norvège

Quelques jours plus tard, une fille du même groupe de prostituées qui se fait appeler « Nastya Rybka » publie une photo sur son compte Instagram. Celle-ci attire tout de suite l’attention de l’équipe d’Alexei Navalny.

La jeune femme d’origine biélorusse se trouve en compagnie d’Oleg Deripaska lui-même et du vice-premier ministre russe Serguei Prikhodko à bord du yacht de l’homme d’affaires croisant au large de la Norvège.

Un livre pour séduire des oligarques

Les faits ne s’arrêtent pas là. Nastya Rybka sort par la suite un livre « Journal de séduction d’un milliardaire, ou Clone pour un oligarque ». Dans ce tutoriel pour jeunes filles qui souhaiteraient séduire des millionnaires, un passage intéresse tout particulièrement l’équipe d’Alexei Navalny (en russe), en lien avec cette photo.

Nastya Rybka et Oleg Deripaska sur le yacht du milliardaire en Norvège / © Site d’Alexei Navalny

Elle y décrit comment elle et cinq autres filles ont passé des vacances à l’été 2016 sur le bateau de deux hommes « puissants et richissimes », décrits alors sous les pseudonymes de « Papa » et « Ruslan Zolotov ».

Deripaska et Prikhodko sont les deux hommes en question

Certains détails sont omis de façon à préserver l’identité des deux hommes, mais en comparant les photos du compte Instagram de la jeune fille et les lieux décrits dans le livre, le spécialiste de la lutte anticorruption comprend rapidement qu’Oleg Deripaska et Serguei Prikhodko sont les deux hommes en question.

En recoupant avec d’autres informations obtenues séparément, il s’avère que les deux hommes ont bel et bien mené des négociations secrètes sur le yacht de l’oligarque en août 2016. Le businessman et l’homme politique s’étaient retrouvés sur le bateau privé du patron de Rusal.

L’histoire pourrait s’arrêter là, mais le FBK assure par ailleurs qu’Oleg Prikhodko est depuis début 2016 en contact avec une fonctionnaire du Département d’Etat américain : la conservatrice Victoria Nuland.

Quelques mois avant le scrutin de fin 2016 aux Etats-Unis, Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump, alors candidat, avait « offert » au milliardaire russe des séances d’information privées sur le déroulement de la campagne du milliardaire américain.

Pour certains médias indépendants russes qui travaillent sur la question, Manafort et Deripaska se connaîtraient depuis longtemps et le premier recevrait de l’argent du second depuis 2005 !

La preuve manquante

Pour le fondateur du FBK, cet épisode est l’une des preuves les plus évidentes de l’interférence russe dans l’élection américaine. Il voudrait que la justice s’empare de l’affaire. Selon lui, les briefings proposés par Manafort n’étaient pas destinés à Deripaska, mais bien au président russe, Vladimir Poutine, lui-même.

Le rôle du milliardaire était donc très simple : faire le lien avec le Kremlin grâce à Serguei Prikhodko, un proche de Poutine depuis les années 90 à qui l’on prête d’ailleurs une influence très grande dans la stratégie diplomatique russe.

Nikolai Yarochenko

Publié le 8 février 2018

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MBK Media: Média d’opposition lancé par l’ex-oligarque russe en exil Mikhail Khodorkovsky début 2018. MBK traite de l’actualité russe nationale et régionale. Fin 2017, les autorités russes avaient bloqué OpenRussia.ru, le site du mouvement de l’ancien milliardaire, désigné alors comme « indésirable ».

Brésil. Rio donne le coup d’envoi du carnaval sur un ton « anti-establishment »

Rio de Janeiro a donné le coup d’envoi pour son annuel carnaval. Dans un climat de défiance généralisé, la politique s’invite dans les parades.

Certains Brésiliens risquent de ne pas apprécier autant que les autres les parades colorées du carnaval de Rio de Janeiro. Comme par exemple, le maire, le gouverneur et le président.

Un ton “anti-establishment” s’est fait entendre lors des festivités cette année au Brésil. Samedi soir, les participants de la parade de nuit au sambodrome de Rio ont fustigé la direction politique du pays alors que le Brésil est plongé en pleine crise économique et scandale politique. 

Le président, Michel Temer, le gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro, Luiz Fernando Pezao, et le maire de Rio, Marcelo Crivella, devraient éviter les deux jours de fête au sambodrome.

Les parades de samba étaient pourtant des lieux prisés par les hommes et femmes politiques avant l’enquête tentaculaire sur la corruption autour de l’entreprise publique et géant pétrolier Petrobas ouverte depuis 2014. Maintenant les élus craignent d’être hués ou même attaqués durant la fête. 

Divisions chez les Brésiliens.

Temer, sous la barre des 10 % de popularité, a passé son dernier carnaval en tant que président avec un groupe de 40 personnes sur une plage gardée par des militaires au sud de Rio. Plus tôt, à Brasilia, la capitale, une centaine de fêtards organisaient une fête de rue pour se moquer de sa récente mauvaise santé et de son impopulaire réforme des retraites. 

Dans le sambodrome ou dans les fêtes de rues, les fêtards du carnaval profitent généralement de ces cinq jours d’extravagance pour oublier les problèmes quotidiens et la plupart d’entre eux s’en contentent. Mais le caractère politique est clairement plus présent cette fois-ci que les années précédentes. 

Ça a été la fête la plus politique depuis le milieu des années 80 quand la dictature militaire du Brésil prenait fin” affirme l’historien du carnaval Luiz Antonio Simas. “Le Brésil est englué dans un chaos politique et des scandales de corruption. Les gens veulent évacuer leurs frustrations en même temps qu’ils veulent faire la fête. C’est une bonne combinaison pour le carnaval.

“Ça a été la fête la plus politique depuis la fin de la dictature.”

L’élection présidentielle se tiendra au Brésil en octobre et les résultats sont difficiles à prédire dans une société polarisée. Le favori des sondages est l’ancien président Luiz Inalcio Lula da Silva, mais il risque de se faire arrêter dans les semaines prochaines suite à une condamnation pour corruption. 

Da Silva a, lui aussi, été une figure clivante au carnaval. Des partisans l’ont défendu grâce à des costumes et des bannières en critiquant le système judiciaire brésilien. Les adversaires, eux, ont brandi des poupées à son effigie en uniforme de prisonnier. 

Toutefois, à Rio, le politicien le plus critiqué est de loin le maire, Mauricio Crivella. 

Mangueira, une des écoles de samba les plus populaires de Rio, a préparé un char avec des fesses en plastiques avec le nom de Crivella gravé dessus. Depuis son entrée en fonction l’an dernier, l’évêque évangélique devenu politicien a réduit les subventions de la ville pour les écoles de samba. Il a évité la fête. 

« Ces politiciens détruisent notre espoir d’un meilleur Brésil ».

Sur un t-shirt populaire parmi les fêtards est inscrit : “Le carnaval va vous défoncer à coup de Crivella”. Boucles d’oreilles, couronnes et bannières ont aussi été utilisées contre le maire. Celui-ci a dit qu’il n’avait rien contre le carnaval, mais il considère que ce n’est “qu’une fête”. 

Le maire n’a aucune idée de ce qu’est le Carnaval. Il n’arrive pas à séparer sa religion de la plus importante fête de notre ville.” dit Lucia Araujo, qui portait une couronne “Fora Crivella” (“Crivella dégage”) dans une fête de rue. “Cette couronne ne veut pas dire que je ne veux pas que les autres dégagent aussi. Ces politiciens détruisent notre espoir d’un meilleur Brésil. Ils doivent tous dégager.” 

Le maire de Sao Paulo, Joao Doria, qui avait des espoirs présidentiels jusqu’à récemment, a reçu des insultes alors qu’il visitait le sambodrome de cette ville. Une photo de lui boudé par un chanteur de samba est devenue virale sur les réseaux sociaux brésiliens dimanche.

(Doria rencontre Zeca Pagodihno au milieu de la fête et dit « Vous avez déjà payé vos impôts? »)

Mardi matin, l’école de samba de Beija-Flor clôturera la parade de deux jours au sambodrome de Rio en comparant le milieu politique du Brésil à Frankenstein, en référence aux divisions profondes du pays et à l’intolérance aux différences.

Mauricio Savarese

publié le 11 février 2018

SOURCE

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