Federer, Nadal, Djokovic: époque dorée pour le tennis

Publié le mercredi 6 février 2019 à 10:44.

Novak Djokovic vient de remporter son quinzième tournoi du Grand Chelem à l’Open d’Australie. «Nole», comme le surnomme ses fans, rejoint Roger Federer et Rafael Nadal dans la cour des immenses.

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Michael Jordan et Tiger Woods ont, à eux seuls, révolutionné le basketball et le golf. Le football connaît, lui, une période dorée qui voit évoluer deux virtuoses comme Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Mais quel autre sport que le tennis peut se vanter d’avoir produit, dans une seule et même génération, les trois meilleurs joueurs de son histoire ?

Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic cumulent 52 victoires en tournoi du Grand Chelem pour 79 finales disputées. Les chiffres sont délirants et témoignent de l’ultra-domination des trois ogres du tennis mondial. Le Serbe vient de rejoindre ses deux meilleurs ennemis dans la cour des très grands en remportant son quinzième «slam» à l’Open d’Australie. Il dépasse à l’occasion du premier tournoi majeur de la saison 2019 l’Américain Pete Sampras, qui représentait au début des années 2000 l’horizon indépassable du palmarès tennistique (14 titres en Grand Chelem).

Que vous aimiez la pureté du revers à une main, le tourbillon d’un lift ou le tac au tac d’un jeu de cadence, ces trois-là vous ont forcément régalé. Chacun possède son style, très différent de celui des deux autres. Federer développe un jeu offensif, d’une élégance sans équivalent, qui lui vaut d’être adulé partout dans le monde. Il est le Billy Elliot à la balle jaune.

© Alex Ellinghausen

Nadal est plus terrien. 11 fois vainqueur de Roland-Garros, le surpuissant Espagnol possède certainement le meilleur coup droit qu’un court de tennis ait accueilli: un crochet à la Tyson.

Djokovic est peut-être moins spectaculaire, ses coups sont plus conventionnels, mais il s’appuie sur d’autres atouts: régularité, efficacité et mental hors norme. Aucun autre joueur ne possède une telle capacité à gérer les moments cruciaux, ceux qui décident d’un match et, subséquemment, d’une carrière.

© David Goldman/AP

Le «Big Three» se partage 743 semaines à la place de numéro un mondial, soit plus de 14 années au pinacle de la discipline. Le Suisse reste loin devant les autres avec le record de 310 semaines passées sur le trône.

Alors, qui finira au sommet ? Il y a un an tout juste, le débat semblait définitivement tranché : Roger Federer était le meilleur joueur de tous les temps. À 36 ans, il gagnait «back-to-back»  l’Open d’Australie, après une traversée du désert de cinq années. Il passait la barre insensée des 20 titres en tournoi du Grand Chelem, ce qu’il est encore le seul à avoir accompli à ce jour. Pour autant, la suite des événements atténue les certitudes. Rafael Nadal a remporté son 17e majeur en glanant Roland-Garros et Djokovic a dévoré tout le reste. Le Suisse vieillit et commence à penser à la fin de sa fabuleuse carrière.

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L’Espagnol et le Serbe (respectivement 32 et 31 ans) ont encore quelques belles années devant eux et l’hypothèse de les voir un jour dépasser leur illustre mentor devient de plus en plus plausible. Elle promet un épilogue palpitant dans cette course à l’histoire engagée par trois géants.

Jules Boiteau.