La Casa de papel, une série haletante et addictive

La série espagnole, discrètement arrivée sur Netflix à Noël, se distingue par un rythme effréné, un bon scénario et des personnages complexes.

Madrid, Maison royale de la Monnaie d’Espagne. 67 personnes sont prises en otage par huit braqueurs portant des masques à l’effigie de Salvador Dalí. Leur but ? Imprimer 2,4 milliards d’euros en onze jours. A l’origine du casse, le Professeur, un homme d’apparence banale qui chapeaute l’opération depuis un hangar humide. Pendant cinq mois, il a formé les criminels à la mise en oeuvre d’un plan incroyablement ingénieux pour réaliser le casse du siècle.

Des personnages complexes

La Casa de papel brille par un scénario bien ficelé. Interprété par l’intrigant Álvaro Morte, le Professeur a toujours plusieurs coups d’avance sur la police. L’inspectrice Raquel Murillo (Itziar Ituño), femme intelligente traumatisée par son ex-mari, se démène pour piéger le cerveau de l’opération tout en développant une relation ambiguë avec ce dernier.

Les braqueurs aux masques de Dalí, anonymisés par des noms de ville – Tokyo (interprétée par l’excellente Úrsula Corberó, vue dans Physique ou Chimie), Nairobi, Río… -, remarquablement interprétés, se révèlent plus complexes qu’il n’y parait.

À l’image des “montres molles” de Persistance de la mémoire (1931) de Dalí, le temps semble élastique dans cette intrigue. Le Professeur donne le tempo et redouble d’imagination pour gagner du temps à l’intérieur de la Maison royale. Jusqu’à un certain point. Car bien sûr, tout ne se passe pas exactement comme prévu.

Addictive mais oubliable ? 

Si la production ne révolutionne pas le genre des films de braquage, elle manie habilement les situations afin que le spectateur ne s’ennuie pas une seconde, le plongeant parfois dans des flash back sur la préparation du plan.

Riche en rebondissements, la série d’Álex Pina se regarde rapidement, chaque fin d’épisode offrant un cliffhanger, qui invite le spectateur à regarder le suivant au plus vite.

On a pu voir ici et là des comparaisons à Reservoir Dogs de Quentin Tarantino, mais la mise en scène n’atteint pas ce niveau. Si le visionnage des deux saisons est rapide, et la passion évidente, ce thriller ne se positionne pas comme un futur monument sériel comme le sont devenues Breaking Bad ou Game Of Thrones.

Mais la série reste modeste dans ses ambitions. Un divertissement très addictif, voilà ce qu’elle aspire à être. Aucune campagne de communication n’a été mise en place, son succès reposant uniquement sur le bouche à oreille.


Céline Brégand