[DIAPORAMA PHOTO] Le Nouvel An chinois au cœur de Paris

Un quartier chinois ? 

Le « China Town » parisien occupe une partie du 13e arrondissement. Déjà, en 1930, un millier de travailleurs asiatiques, principalement employés dans les usines automobiles Panhard-Levassor et Delahaye, sinstallent entre la place et la porte dItalie. Après leur fermeture, larchitecte Le Corbusier obtient laccord du Conseil de Paris pour construire un quartier futuriste de béton et de tours.16 400 logements et 150 000 mètres carrés de surfaces commercialesbureaux, écoles et petits jardins voient le jour entre 1967 et 1975. Mais les habitants dont les maisons ont été rasées désertent ce quartier ultra-moderne. Ce sont finalement les réfugiés de la guerre du Vietnam, venus également du Cambodge et du Laos, qui le peuplent. Plutôt que de quartier chinois, il est donc plus approprié de parler de quartier indochinois !    

Héloïse Linossier

Corot expose ses modèles

L’exposition rétrospective Corot. Le peintre et ses modèles rend hommage à une facette peu connue de l’œuvre de Jean-Baptiste Corot (1796-1875). Inspiré directement des travaux d’Ingres, Corot s’émancipe des paysages qui l’ont rendu célèbre en y intégrant des figures en premier plan.

Plus personnelle, cette part méconnue de l’œuvre de Corot était gardée secrètement par le peintre. La modernité du portraitiste exposé repose sur l’attention particulière accordé aux visages, détaillés et expressifs. À travers ses portraits, Corot s’adonne à un plaisir intime, cathartique, plus qu’à un travail cohérent et suivi.

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L’exercice de style se décline dans les différentes salles de l’exposition avec, au cœur, La Femme à la perle dont la ressemblance avec la Joconde est frappante. L’exposition sera pour tous l’occasion d’une entrée dans le journal intime pictural d’un peintre qui dévoile (enfin) ses talents de portraitiste.

La Femme à la Perle ©DR

Jusqu’au 8 juillet, Musée Marmottan Monet,
Paris 16e. Tél : 01 44 96 50 33.

– Clélia Bayard

L’Art de Naoki Urasawa

Du 13 février au 31 mars, le mangaka Naoki Urasawa fait l’objet d’une  rétrospective à l’Hôtel de Ville. L’exposition s’était d’abord installée au Festival d’Angoulême, où l’artiste avait reçu un Fauve d’honneur.

Si vous aimez l’univers des mangas, L’art de Naoki Urasawa s’annonce incontournable : riche d’explications sur le travail de l’auteur, l’exposition offre un véritable voyage dans les coulisses de la conception d’un manga. Si vous êtes novice en la matière, vous y trouverez également votre bonheur. Planches originales, storyboards, reproductions en grand format… Le coup de crayon de l’artiste, fin et précis, régalera les yeux du public même le moins averti.

Les visiteurs sont invités à participer  : sous une série de dessins de ses personnages les plus célèbres, comme le Kenji de 20th Century Boys, un rouleau de papier et des marqueurs sont mis à disposition des curieux pour qu’ils dessinent ou écrivent. Né en 1960 à Tokyo, Naoki Urasawa s’est imposé au fil des années comme un maître du manga pour adultes. Sur les murs de l’exposition, plus de 500 planches originales de ses mangas les plus connus, Pluto, Master Keaton, Billy Bat

Teintés de science-fiction et dotés d’un réalisme mordant, les dessins de Naoki Urasawa s’attachent à décrire la violence humaine à travers les détails accordés aux visages, aux gestes…Certaines scènes d’affrontement rappelleraient presque l’emblématique Akira de Katsuhiro Otomo, connu pour son ultraviolence. Mais Urasawa ne verse pas dans le manga noir et livre une oeuvre plus poétique et mélancolique : il peint aussi des scènes de combat sportif entre adolescents (Yawara! en 1990, série sportive sur le judo qui lui a rapporté le 35e prix Shôgakukan), des déclarations d’amour entre hommes et robots…

On verrait presque l’influence de Jiro Taniguchi dans certaines de ses planches où les protagonistes, devant un paysage désertique, ont le regard perdu. Pluto (2003), quant à lui hommage à son idole Osamu Tezuka, se veut comme une relecture d’Astro Boy, mais avec, pour touche personnelle, des scènes contemplatives. Objet principal d’étude pour le mangaka  : l’humanité, qu’il veut voir prendre conscience de ses propres travers. Pour cela, Urasawa conçoit une panoplie de personnages très variés  : Gesicht est par exemple un robot au corps solide, mais sans mémoire  ; il fait face à Pluto, un robot sans corps mais ayant un passé difficile.

Chacun des personnages du mangaka a une part d’ambiguïté : pas de manichéisme chez Urasawa, aucun personnage n’est bon ou mauvais. Billy Bat est par exemple le récit d’une quête identitaire associée au mal, et non résolue. Un thème intemporel.

 

Jusqu’au 31 mars, Hôtel de Ville, Paris 4e. Tél : 01 42 76 40 40.

– Clélia Bayard