Prothèses de main : la seconde vie des gobelets en plastique

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Pour la première fois en France, une PME a conçu une prothèse de main à partir de plastique recyclé. Un moyen pour l’entreprise Canibal de faire parler d’elle, à travers une initiative à la fois écologique et sociale.

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Une paume carrée, cinq doigts reliés par des fils élastiques raccrochés à un bloc en haut du poignet, quelques vis de-ci de-là, des articulations que l’on imagine moins souples que les nôtres. La prothèse de main en plastique recyclé de Canibal évoque le membre perdu d’un pantin enfantin. Cette prothèse, dont le premier exemplaire a été fabriqué mai 2016, est la première en France issue d’un matériau recyclable.

Produite pour les 5-6 ans, cette main rigide et noire paraît tout aussi innocente que n’importe quelle main d’enfant. La société de recyclage basée à Gennevilliers en a produit trois exemplaires. « Nous voulions ajouter une utilité sociale à nos produits », explique Thomas Hermant, responsable du service clients et des filières de Canibal.

Cette prothèse de main est en fait la production la plus innovante issue de l’activité principale de la start-up : la vente de bornes pour recycler des gobelets. Peu coûteuses à produire, ces mains imprimées en 3D alimentent une stratégie de communication fondée sur la responsabilité environnementale et la philanthropie, puisque les prothèses n’ont pas une vocation lucrative.

« Pour imprimer une main, nous recyclons 150 gobelets en plastique », renseigne Thomas Hermant. En recyclant, les buveurs participent ainsi au bonheur d’un enfant amputé et au respect de l’environnement en même temps.

Les bureaux de Canibal s’encastrent entre d’autres dans la zone industrielle de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Des tours, un ciel morne, des conteneurs au loin, de la fumée grise. Derrière la porte, trois personnes s’affairent dans un local agréable, un open space à l’ambiance végétale.

Ici, les gobelets sont partout, sous toutes leur formes, du lavabo des toilettes au mobilier. Les poubelles et les quelques tables ont été produites à partir de « caniplac », le matériau plastique que l’entreprise crée à partir des déchets de boissons (gobelets, bouteilles en plastique et canettes). La texture ressemble vaguement à de l’ardoise.

Canibal récupère tous les déchets plastiques liés aux boissons. (Photo : Gaëlle Caradec)

Le cœur du processus de recyclage se fait dans le hangar adjacent aux bureaux. Différents tas marquent les étapes de la transformation des déchets. Une fois récoltés par des bornes vendues par Canibal, les déchets arrivent en vrac dans de gros sacs en plastique transparent.

Née d’un projet étudiant, l’entreprise a mis en place sa première borne en 2002. Les utilisateurs pouvaient à l’époque gagner de petits objets grâce à un système de jackpot : une roulette comme au casino, mais écolo. Canibal a été rachetée en 2009 et compte maintenant quinze salariés.

Du café à l’imprimante 3D

Aujourd’hui, ses bornes ont bien changé. L’avaleuse de gobelets s’est modernisée. Des écrans numériques ont remplacé la roulette, et elle imprime désormais des bons d’achat ou des places de cinéma pour récompenser ses utilisateurs.

Le recyclage, une solution transitoire en attendant des alternatives au jetable. (Photo : Gaëlle Caradec)

Après avoir été compactés et triés par une autre entreprise française, les contenants reviennent à Canibal sous la forme de « balle » ou de gros rectangle de canettes écrasées. Des amas de plastique ou d’acier, qui, dans un bazar coloré, montrent l’étendue des déchets produits. Car les Français jettent environ 4 milliards de gobelets tous les ans, soit 126 par seconde. Canibal en a recyclé 10 millions en 2016, à l’aide de ses 150 bornes installées dans des entreprises, des universités ou des cinémas.

Les balles de déchets vont ensuite être transformées en plastique à nouveau. Une autre entreprise française s’occupe de les fondre et les filtrer pour recréer du caniplac. À partir de là, Canibal dispose de matière pour faire plusieurs types d’objets. La petite entreprise pèse aujourd’hui 1 million d’euros de chiffre d’affaires.

« Pour imprimer une main, nous recyclons cent cinquante gobelets »

Canibal cherche depuis plusieurs mois une association partenaire afin de distribuer gratuitement les prothèses. Pour l’instant, aucun prototype n’a été porté par un enfant. L’association E-nable n’a pas voulu s’associer avec Canibal, craignant d’être utilisée comme un  instrument de communication. La PME démarche aujourd’hui My Human Kit. Cette association a été créée pour le projet de main bionique de Nicolas Huchet, célèbre figure du combat pour plus d’accessibilité et d’insertion sociale vis-à-vis des personnes handicapées. « On a bon espoir que ça aboutisse », souffle Thomas Hermant. Si son espoir se réalise, des prototypes adultes devraient bientôt voir le jour.

Gaëlle Caradec

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