L’intelligence artificielle au service du médecin

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Pour assister les praticien·ne·s de santé débordé·e·s par l’afflux de nouvelles connaissances, des entreprises comme IBM ou Khresterion développent des programmes d’intelligence artificielle capables de diagnostiquer et de prescrire.

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Obtenir un diagnostic et un traitement via une machine, sans passer par un médecin : fiction ou futur proche ? Au cœur de Paris, la start-up Khresterion développe depuis six ans une intelligence artificielle (IA). Elle est capable de reproduire un raisonnement logique pour aboutir à une décision. Appliquée dans le domaine médical, cette technologie permet au médecin de proposer un traitement adapté à un·e patient·e atteint·e d’une maladie complexe comme le cancer ou le diabète.

Intelligence Artificielle

Les médecins travaillent de plus en plus avec l’aide de machines. (Illustration : Creative Commons)

« Notre intelligence artificielle reproduit le raisonnement que ferait un médecin, mais en intégrant beaucoup plus de données que ne peut le faire un cerveau humain », explique Denis Pierre, président de l’entreprise. « Pour le médecin qui utilise cette technologie, cela revient à prendre une décision avec l’aide d’une machine qui joue le rôle d’un groupe d’experts très complet et à jour des connaissances en médecine. »

Sur le marché des intelligences artificielles, la concurrence existe. Ainsi IBM a développé en 2011 sa propre technologie d’aide à la décision : Watson. Elle l’a ensuite étendue à la médecine à partir de 2013, pour couvrir maintenant le monde des affaires (banque, voyages, télécommunications). « Watson est employé en cancérologie, par exemple, pour analyser la littérature scientifique conséquente que le médecin n’a pas le temps de lire. La machine peut ensuite accompagner le médecin sur la recommandation de traitement en fonction de l’état des connaissances actuelles », expose Hélène Quillaud, cheffe de projet client chez IBM à Montpellier.

L’humain reste présent

Pour autant, l’intelligence artificielle n’impose pas ses décisions au médecin. « Il y a une liberté totale d’exploitation », précise Denis Pierre. « L’utilisateur·rice peut choisir une autre décision que la machine et celle-ci continue quand même à l’aider en prenant en compte son choix. » La technologie propose, la·le praticien·ne dispose. « Cette IA est un outil d’aide au raisonnement : elle assiste l’expert·e sans la·le remplacer. C’est le médecin qui décide à la fin », note le président de Khresterion, tout comme la cheffe de projet chez IBM. Sans compter que l’intelligence de la machine dépend d’abord de celle de l’équipe d’expert.e.s qui l’entraîne. « La qualité de réponse est conditionnée par la qualité des données d’entraînement », explique Hélène Quillaud.

Intelligence Artificielle

L’intelligence artificielle reproduit une partie des capacités cérébrales du médecin. (Illustration : Creative Commons)

Les praticien·ne·s ont encore la main, même si la machine peut engranger plus de connaissances qu’eux·elles. Mais pour combien de temps ? Selon Denis Pierre, « la précaution à prendre est de ne pas oublier qu’il y a beaucoup de cas particuliers. On ne peut donc pas industrialiser la démarche de diagnostic et prescription automatiques. Il faut garder l’aspect humain qui prend en compte les spécificités de chaque patient·e, ce que ne fait pas la machine. » La prévalence du médecin sur la technologie repose donc pour l’instant sur ses compétences plus relationnelles que techniques et sur l’éthique.

L’acte médical comporte en effet une part importante de relations humaines. « L’IA pré-analyse les données avec le médecin. Elle lui permet d’être plus efficace et plus pertinent. La·le praticien·ne peut ainsi bénéficier d’une concentration maximale pour les cas les plus compliqués », souligne l’experte de Watson. « La machine décharge le médecin, qui peut alors se concentrer sur l’aspect psychologique. »

L’intelligence artificielle, Une technologie pensée pour les expert·e·s

Quid d’une intelligence artificielle de ce type à disposition directe des patient·e·s ? Le premier obstacle est la difficulté d’utilisation de cette technologie. Avant même de lancer la procédure de raisonnement de la machine, il faut la paramétrer. « Quelqu’un doit indiquer à la machine le cadre de la décision à prendre, c’est fastidieux et source d’erreurs », prévient Denis Pierre.

Intelligence Artificielle

La machine surpasse le médecin dans le traitement des données, mais pas sur l’aspect humain. (Illustration : Creative Commons)

Et même une fois le raisonnement effectué par l’intelligence artificielle, la conclusion qu’elle délivre est difficilement exploitable par le commun des mortels. « Les patient·e·s qui ne sont pas expert·e·s de leur maladie ne pourront pas choisir entre deux propositions de la machine. Pour comprendre et utiliser les résultats, il faut avoir une expérience médicale. Pour les patient·e·s expert·e·s de leur propre maladie (comme les diabétiques), on peut leur proposer une IA simplifiée, avec une présentation plus accessible pour un·e patient·e non médecin, mais il ne s’agira pas d’une aide à la prise de décision, seulement d’un guide de suivi du traitement », tempère Denis Pierre. Il rappelle néanmoins que son intelligence artificielle a été créée dans un objectif d’assistance aux médecins : « Le but de cette technologie n’est pas de faire de l’automédication, et surtout pas sur des cas de cancer. »

Matrix n’est pas pour demain

Au mieux, les patient·e·s pourront bénéficier d’une IA de type « assistant conversationnel ». « Ce genre d’applications permet d’accompagner les porteur·euse·s d’une maladie chronique. Elle donne un suivi à distance pour le médecin et elle rappelle aux patient·e·s de prendre leur traitement », explique Hélène Quillaud.

Dans le film Matrix, les machines ont pris le contrôle sur l’espèce humaine. La réalité est encore loin de la fiction. D’autant plus que cette technologie peine encore à se répandre dans le domaine médical, comme le souligne le président de la start-up : « En France, on ne peut pas imposer un outil à tous les médecins. Il faut donc trouver des financements pour chaque installation. »

Sarah TOUZEAU et Benny MANDHUB

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