« Nous sommes dans un État policier » : au premier jour du procès Mélenchon, les militants en colère

Les militants dénoncent ce qu'ils appellent Les militants dénoncent ce qu'ils appellent "un procès politique" devant les portes du tribunal de grande instance de Bobigny.

Devant les portes du palais de justice, les militants de la France Insoumise se sont levés tôt pour soutenir Jean-Luc Mélenchon contre ce qu’ils appellent « un procès politique ».

« Je suis venu exprès de Lille en train ce matin pour rejoindre mes amis ». Malou, 18 ans vient d’arriver devant le tribunal de grande instance de Bobigny. Militant La France insoumise depuis 2017, il est venu dénoncer ce qu’il considère avec ses camarades comme « un procès politique ». À ses côtés, Aurélien, 20 ans est lui venu de Rennes. « Dans tous les cas le procès sera biaisé » estime le jeune militant. « Le parquet n’est pas indépendant », peut-on lire sur les pancartes que brandissent les jeunes. « L’unique vidéo que l’on a vue pendant un an a été tronquée, elle montre uniquement de la colère. Et c’est compréhensible : on vous attaque vous et toute votre carrière. Est-ce que la colère mérite un procès ? » explique Aurélien avant d’ajouter «  ce que l’on demande ? Une relaxe, tout simplement ».

Pour Florian aussi, ce n’est pas un procès ordinaire. « Il s’agit d’une répression de l’opposition politique organisée par Macron ». Ce militant encarté à La France insoumise remet en question l’indépendance de la justice : « le préfet et le procureur sont au service du pouvoir ».

« Ils veulent affaiblir La France insoumise car ils ont peur »

En marge du groupe, Patricia brandit un panneau « Attention, parquet glissant ». La quinquagénaire est elle aussi venue soutenir ses camarades. « On essaye de nous couler. On est là pour une France belle et rebelle » explique la militante du 14e arrondissement de Paris. Pour elle aussi, il s’agit d’un procès politique. « On a un chef de file rebelle. Quand Mélenchon ne fait rien, on dit qu’il est soumis et on l’accuse de faiblesse. Et là, il a agit » déplore Patricia. « Ils veulent affaiblir La France Insoumise car ils ont peur ».

« Ce procès, c’est la preuve que nous sommes dans un Etat policier », s’indigne Michelle. Sur le tee-shirt de la militante La France insoumise, une inscription : « Non à la justice d’exception ». Pour elle, le comportement de Jean-Luc Mélenchon pendant la perquisition du siège de son parti ne méritait qu’un rappel à la loi. Elle en est persuadée : les charges qui pèsent contre lui attestent du fait que le député de Marseille n’est pas traité de la même manière qu’un simple citoyen. « Nous ne sommes peut-être pas dans une dictature, mais la France n’est définitivement pas une démocratie », dénonce-t-elle. 

A côté d’elle, Jean-Philippe confirme les propos de la militante. Pour lui aussi, le procès des leaders de La France insoumise est excessif. Il le compare même à la situation de l’ancien président brésilien Lula, condamné en 2018 à 12 ans de prison pour corruption dans l’affaire Petrobras. « Que ce soit Jean-Luc Mélenchon en France ou Lula au Brésil, ce sont tous les deux des opposants politiques, accusés sans preuve, sur des faits qui n’existent pas. Ils sont victimes du lawfare », argumente-t-il. Le leader de La France insoumise avait lui-même utilisé cette expression sur son blog, quelques jours avant son procès. Le lawfare, qui désigne l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques, a été massivement repris par les militants. Devant le tribunal de Bobigny, ils sont nombreux à dénoncer ce système sur leurs pancartes. Tous sont unanimes : ces accusations ne diminuent en rien leur engagement auprès de La France insoumise. 

Lucie Mouillaud et Mathilde Baron

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