Les écoquartiers, le pari de la mixité

Ecoquartiers : l’envers du décor 

Désireux de vivre au sein même de la capitale, Loïc s’interroge sur les écoquartiers. De Clichy-Batignolles à l’Ile-Saint-Denis, il est très surpris d’entendre que la mixité sociale et les enjeux économiques ont plus de place que l’écologie. 

Ecoquartier de Clichy-Batignolles. Crédits: JH

Par chance, la cousine de Loïc est spécialiste des écoquartiers. Elle enseigne la sociologie urbaine à l’Université Paris – Dauphine. La sociologue lui présente les enjeux politiques de l’écoquartier Clichy – Batignolles. Dans l’objectif de faire venir des ménages moins favorisés dans ce quartier bourgeois, 50% de logements sociaux ont été créés. Un pourcentage jugé “énorme”  par la sociologue comparativement à la norme des 25% de la loi Duflot. Au début des années 2000, le quartier possédait moins de 9% de logements sociaux. La sociologue nuance toutefois ce pourcentage puisque seuls 20% de ces nouveaux logements sociaux sont des PLAI (Prêt Locatif Aidé d’Intégration) c’est-à-dire des logements davantage réservés aux classes populaires.

Un écoquartier pour développer l’attractivité économique 

La sociologue poursuit. Elle présente à Loïc ses autres terrains d’enquête comme l’écoquartier de l’Ile – Saint – Denis et celui de Pantin. Les deux ont une situation économique et sociale similaire.  Fortement paupérisés et en déclin économique, ils ont besoin d’un nouveau souffle. Pour Bertrand Kern, maire de Pantin, interrogé par le Parisien en 2017, l’écoquartier de la gare de Pantin est un “quartier qui s’ouvre petit à petit sur la ville”. La construction d’un écoquartier apparaît comme un moyen d’attirer une partie de la classe moyenne et supérieure plus qualifiée. Grâce aux nouveaux bureaux, de plus en plus d’entreprises s’implantent sur le territoire, comme la filiale de la BNP. 

Les écoquartiers ou comment maintenir la mixité sociale

Loïc se pose une autre question. Pourquoi faire cohabiter des tranches de la population si différentes ? La sociologue explique que la construction d’écoquartiers constitue aussi un moyen pour les  élus “d’endiguer le départ des habitants des classes moyennes et supérieures”, sans pour autant renoncer ni à des prix plafonnés ni aux logements sociaux. Il ne s’agit pas d’exclure les classes populaires. Le maire de Pantin se montre ferme : “Pantin est une ville populaire et le restera”. La sociologue expose ensuite à Loïc le cas de l’écoquartier de l’Ile – Saint – Denis. Proche de Paris, celui-ci a pour objectif d’attirer une classe moyenne supérieure sensible à l’habitat écologique et à la recherche d’un cadre de vie moins cher que dans la capitale. La sociologue insiste : ”attirer les classes moyennes et supérieures permet de créer de la mixité sociale dans les écoles”. 

Cet échange pousse Loïc à partir à la rencontre des habitants du quartier Clichy-Batignolles. Il veut savoir s’il y fait bon vivre. 

Sarah SOLCHANY et Justine HIVERT

Photo page d’accueil : Paysage de l’écoquartier du 13ème. Crédits: AM