Cédric Villani propose 21 mesures pour rendre les maths plus attractives

Le député LREM Cédric Villani a dévoilé, lundi 12 févrierson rapport pour développer l’enseignement des mathématiques en France. Ses 21 mesures concernent autant la pédagogie des professeurs que leur formation. 

Plus de formation pour les instituteurs, des projets en commun entre les différentes matières et des évaluations pour tester les bases des élèves. Lundi 12 février, Cédric Villani a rendu son rapport pour renouveler la formation aux chiffres. Ses « 21 mesures pour l’enseignement des mathématiques » sont l’aboutissement de la mission confiée par le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, en automne 2017. L’élu LREM de l’Essonne a travaillé en collaboration avec Charles Torossian, l’inspecteur général de l’Education nationale. Ensemble ils ont dressé une liste de réformes pour faciliter l’apprentissage des mathématiques chez les élèves, mais aussi la compréhension de la matière par les professeurs. 

 Mieux préparer les enseignants

La priorité de Cédric Villani : « recruter des référents mathématiques qui pourront accompagner sur place les enseignants. » Le député souhaite nommer un conseiller pédagogique, référent des mathématiques, pour guider la coopération entre les professeurs. Autre mesure pour améliorer la fibre des chiffres chez les enseignants, une formation en continue dès la première année d’études supérieures.

80 % des instituteurs ont étudié les humanités avant leur master de formation à l’enseignement

Perfectionner la formation des professeurs est essentiel pour le mathématicien, comme il le constatait le 12 février : « Très peu d’enseignants se sentent à l’aise en mathématiques. » Son rapport explique que 80% d’entre eux ont étudié les humanités avant de se lancer en master Meef (Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation). Or, seules 24 heures de leur formation sont consacrées, en moyenne, aux mathématiques, sur deux ans de master. Une formation continue pourrait donc éviter aux futurs enseignants d’accumuler des lacunes.

Renforcer la coopération entre les disciplines

Le rapport insiste sur les projets d’entraide entre les disciplines et entre les différents acteurs de l’enseignement. Il prescrit des échanges entre les différentes matières dès les plus petites classes. Par exemple, mettre en relation l’enseignement du français avec celui des mathématiques. Cela permettrait aux élèves d’accéder à une compréhension plus globale de l’intérêt des données numériques et géométriques le plus tôt possible.

Une telle coopération se concrétiserait en valorisant la place des mathématiques dans les projets interdisciplinaires, comme les travaux personnels encadrés (TPE). Les lycéens réalisent ces TPE dans le cadre des épreuves anticipées du bac. Ils conçoivent un projet en combinant leurs connaissances et leurs compétences dans plusieurs disciplines. Par exemple, les mathématiques et l’économie. Au collège, la part des maths devrait également augmenter dans les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI).

Un autre niveau de partenariat est envisagé entre les écoles et les associations périscolaires. En associant les deux, Cédric Villani espère développer plus de clubs qui aborderaient les mathématiques de manière ludique – à l’aide « de modélisation, d’informatique, de jeux intelligents, etc. » 

Apprendre les fondamentaux en s’amusant

Cédric Villani et Charles Torossian veulent solidifier l’apprentissage des fondamentaux dès le plus jeune âge. Les élèves seraient évalués trois fois par an sur des calculs simples. Ils passeraient à chaque évaluation un nouveau pallier de connaissances des quatre opérations de base (addition, soustraction, multiplication et division), pour s’assurer de leur bonne maîtrise.

L’apprentissage des mathématiques fondamentales passerait par « un cours structuré et sa trace écrite », la revalorisation de « la notion de preuve » et un enseignement direct et structuré, guidé par le professeur. Le rapport préconise aussi l’utilisation de nouveaux outils pour rendre l’enseignement ludique. Les élèves manipuleraient des objets et réaliseraient des expériences pour mieux visualiser des principes qui peuvent paraître abstraits.

« Aucune proposition révolutionnaire dans notre rapport », affirment les co-auteurs, juste de quoi relever le niveau des élèves français en maths qu’ils qualifient de « catastrophique ». 

Clémentine Sabrié

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